Quel modèle les leaders Africains tireront de l’image de Madiba qui n’est plus en vie?

Article de Kurakiza à partit du  Sud-Kivu

Né en 1918 pendant la première Guerre Mondiale en Afrique du Sud loin de corridors de puissances mondiales, grandi en hébergeant ses troupeaux de bétails, éduqué par les aînés de sa tribu Thembu, Madiba s’est enfin montré comme le plus grand libérateur du 20e siècle1.

Comme l’honneur et les bienfaits d’une personne se font remarqués quand elle n’est plus, de même le déshonneur et l’indignité peuvent l’accompagnent.

J’aurais à parler beaucoup sur le parcours de la vie de Madiba mais heureusement que presque la majorité en sait quand même quelque chose sur lui. Pour ne pas le comparer à Dieu, la ligne de comparaison doit tracer sa marge surtout ce que tout leader devrait faire et qu’il ne parvient pas à faire par manque de capacité mais parfois par manque de volonté. Il est même écrit dans la Bible que: Celui donc qui sait faire ce qui est bien, et qui ne le fait pas, commet un péché2. Le principe de bienfaisance s’applique aussi dans la vie courante peu importe la croyance.

De façon simple, l’image qui reste dans les esprits de ses partisans dont je fais partie est que la vie de Madiba Mandela a été un symbole de l’unité, la vérité et la réconciliation nationale ; un point de repère à ce que tout leader devrait faire, surtout en Afrique où les groupes de pression sont d’une manière ou d’une autre affaiblis.

Ces groupes de pression existent du fait qu’il n’y a pas un modèle idéal qui devrait régir les interactions humaines et pousser le pouvoir en place à bien gérer la chose publique. Par contre, la présence de Madiba en Afrique du Sud a été dans un premier temps une grande figure représentative où la nécessité des groupes de pression n’était pas alarmante car lui-même sentait ce qu’était le besoin du temps et de la population avant qu’il le soit annoncé par quelqu’un d’autre.

Dans cet article je ne fais pas un jugement des leaders Africains vis-à-vis de la soif d’harmoniser la cohésion nationale qu’avait Madiba, mais du challenge que la mort d’une telle personnalité devrait servir pour l’avenir des pays Africains. D’abord, il faut une prise de conscience sur sa dignité et son héritage morale confessés par la masse politique du monde entier, tous systèmes politiques confondus.

De ce fait, Madiba doit servir de modèle en ce qui concerne le respect des principes constitutionnels en optant de son gré à diriger ne fut ce qu’un seul mandat de quatre ans pour qu’il montre l’exemple à ses successeurs. En plus de cela, pour confirmer son zèle pour le droit de noirs, il a promu la valeur de la personne humaine toute entière.

Pour le premier point du respect des principes constitutionnels, un parcours en Afrique Noire montre que les leaders Africains ont intérêt à repenser encore leur style de diriger. Une liste au hasard des pays Africains est tombée en ma mémoire où les présidents sont en dilemme de changer les constitutions en leur faveur. Ils veulent tailler la constitution selon leur désire.

En commençant par le Zimbabwe, en Août dernier Mr Mugabe Robert a été investi pour un nouveau mandat de 5 ans pour la Nième fois de sa réélection après 33 ans au pouvoir. Sans se soucier de quoi que ce soit en ce qui concerne la réforme politico-économique que son pays a besoin, il ne se contente que de s’asseoir au palais avec intention d’y être toute sa vie. Les conséquences de ce choix inopportun s’inscrit surtout par le fait qu’il se met à confondre sa personnalité qui est mortelle, à celle de l’institution de l’Etat qui restera même après sa mort.

L’ancienne République de la Rhodésie était le paradis non seulement pour ses enfants mais aussi pour toute l’Afrique Australe. Riche en minerais et surtout en terre fertile pour l’agriculture, actuellement ses enfants sont éparpillés partout dans le monde pour la recherche de survie. Considéré très long comme le héros de l’indépendance, Mugabe est pour le moment contesté par la majorité des Zimbabwéens pour simple raison de se maintenir au pouvoir sans limite.

Est-ce que la mémoire de Madiba ne devrait-il pas lui servir de modèle pour la reconstruction du Zimbabwe? La réponse est simple. Tout dépendra de sa volonté car les groupes de pressions ont totalement été anéantis.

Que dirons-nous de l’Uganda avec un régime de Museveni au pouvoir depuis 28 ans avec une double facette parfois comme quelqu’un qui a libéré les Ougandais de la dictature d’Id Amin Dada, mais aussi aujourd’hui comme quelqu’un qui ne veut pas entendre parler de l’Uganda dirigé par quelqu’un d’autre. Il ne chante que l’ancienne chanson de libération qui reste presque impopulaire. L’application des lois qui est rigoureuse et farouche est le moyen de le maintenir au pouvoir peut-etre « à vie ». Avec tous les biens qu’il a faits en ramenant la vie nationale durant les années 1986, aujourd’hui Museveni ancien chef de la guérilla se fait remarquer comme un autocrate gentil avec de bonnes manières.

Pourrait-il tirer quelques idées modestes de Madiba pour le bien de son peuple sans qu’il ne s’immobiliser pas au pouvoir comme s’il était créé des matières immortelles. Sans pour autant aller loin, pourquoi ne pas se servir du modèle de la Tanzanie où Julius Nyerere, Ali Hassan Mwinyi, Benjamin Mukapa et actuellement Jakaya Kikwete se sont succédés sans que des feux de mitrailleuses se font entendre. L’une des causes est que les leaders Africains ne se mettent pas sur les champs à corriger des erreurs de gouvernance commises par leurs prédécesseurs et éviter qu’ils ne tombent dans ces mêmes erreurs. Attendons voir de sa promesse il a récemment déclaré comme quoi il aurait voulu quitter le pouvoir et ne plus se faire réélire.

Pour ne pas trop lister beaucoup des leaders, le président Burundais Pierre Nkurunziza s’est mis à entamer probablement le processus de changement de la loi constitutionnelle pour permettre sa réélection en 2015. Tout se passera au nom de la volonté du peuple alors que rien pour elle.

En RDC la réalité est différente. Sous le nom des contestations de résultants des élections présidentielles de Novembre 2011, la guerre du M23 est actuellement utilisée comme prétexte comme quoi celle-ci a été à l’origine d’échecs de toutes les promesses non réalisées. Maintenant comme le M23 est défait, il faut que toute la population soit derrière Kabila pour changer la constitution et se faire réélire en 2016.

Le Rwanda, un pays qui a connu des progrès après le génocide de 1994, le régime à forme militaire qui dirige le pays pendant une période de 20 ans se voit en déclin de ses succès. Kagame connu parmi le président sévère, se trouve lui-même incapable d’intégrer l’opposition pour un espace politique propice.

La liste pourra être longue si l’on touche l’Afrique Centrale et de l’Ouest, avec des présidents comme, Denis Sassou Nguesso du Congo qui est au pouvoir depuis 1979-1992 et de 1997 jusqu’aujoudhui.

Au Burkina Faso, la Constitution de 1991 est amendée en 2000, limitant le président à deux mandats. L’amendement était effectif lors des élections de 2005, mais comme Blaise Compaoré était le président en exercice en 2000, l’amendement ne s’est appliqué à lui qu’à la fin de son second mandat, ce qui lui a permis de se représenter au scrutin de 2005. Le président Blaise Compaoré a pris le pouvoir par un coup d’Etat en 1987. Puis il a été élu en 1991, réélu en 1998 et en 2005. Le Burkina a tenu une élection présidentielle en 2010 pour une simple réélection de Mr Blaise Compaoré.

Au Cameroun selon la Constitution de 1996, le président ne peut cumuler que deux mandats. Mais l’Assemblée nationale a supprimé toute limitation du nombre de mandats en 2008, permettant ainsi au président Paul Biya de se représenter en 20113.

Idris Deby, président du Tchad depuis 1990 avec ses 23 ans au règne, il continue à se maintenir au pouvoir par voie de modification de la constitution et des élections qui peuvent avoir plusieurs qualificatifs. Une autre liste est celui de systèmes républicains qui se sont transformés en royaume où la succession de pouvoir se fait du père au fils. C’est le cas du Gabon et du Togo etc.

En conclusion, on admettrait qu’il n’est pas si facile des marier les idéaux de Madiba tant qu’il était encore en vie. Cependant, comme tout le monde regrettent sa mort, de même ils pourraient penser sur sa patrimoine humaine qu’il laisse sur cette terre. C’est le moment opportun pour tout leader de se demander de ce que partageront les gens lors de sa mort. En plus, pour un bon héritage, l’Afrique du Sud devrait être le premier exemple à montrer que réellement l’application des idéaux du regretté Madiba vivront à jamais. Ainsi, toute l’Afrique devrait copier son modèle pour éviter que le peuple s’entremanger et surtout avoir du respect suprême à la valeur humaine.

La transmission d’une bonne pratique venant au palais présidentiel s’épandrait plus vite qu’une idée modeste d’un simple citoyen. A partir d’une affirmation gratuite on dirait que tout leader qui a participé aux cérémonies mémorielles du feu Madiba aurait souhaité que cela se fasse de même pour lui, car tout discours prononcé et tout sentiment exposé ramenaient Madiba en vie. Donc le corps de Madiba n’est plus mais ses idées et ideaux resteront immortelles et inspireront des générations futures. Le plus important est qu’ils soient un modèle pour les leaders Africains si pas du monde entier pour un monde équitablement bien géré et où tout le monde mérite son respect d’une manière intouchable.

Viva Madiba

Viva ses bonnes idéaux

Viva Africa

By @UkuKiza

1 Obama’s Speech for Mandela memorial

2 Louis Segond, Jacques Chapitre 4, verset 17.

3 http://www.france24.com/fr/20091023-changer-constitution-regner-plus-longtemps-une-coutume/

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