Expulsion des Zaïrois par le Congo-Brazza: Pression d’un Médiateur/ Facilitateur ?

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Un drame à distance ne se conçoit pas à sa hauteur mais elle reste toujours un drame. Imaginez un bon matin sans aucun préalable avis, quelle que soit votre irrégularité, vous vous retrouvez en face des policiers et militaires vous obligeant sans discussion d’emballer vos affaires. C’est vraiment dommage et votre habilité ne vous permettrait même de savoir l’important de ce qui ne l’est pas pendant cet embarquement forcé.

C’est dans ces circonstances que nos compatriotes Zaïrois ont été refoulés du Congo Brazzaville, pays du facilitateur/médiateur/accompagnateur des concertations nationales. Quels que soient les efforts du message non dévoilé du ministre Raymond Tshibanda chez le président congolais Sassou au 18/04/2014, ces expulsions n’ont pas cessé alors qu’on penserait que ce message aurait dû porter le fruit. Des milliers des personnes (plus de 30.000) continuent d’être refoulées sans qu’aucune raison convaincante n’ait été donnée de la part de Brazza. Il sied de rappeler que le président congolais Sassou a été choisi par les organisateurs des concertations nationales comme médiateur ou accompagnateur.

Ces assises appelées « concertations nationales » ont pris fin en octobre 2013 en la présence du président congolais qui était venu rehausser ses cérémonies de clôture. Lors du discours clôturant ces assises, une multitude des promesses ont été données par le président Joseph Kabila, bien qu’elles trainent dans son ensemble. Le gouvernement de cohésion nationale est l’un des cas frappant. A en croire, le choix du président Sassou comme facilitateur portait à croire qu’il est parmi les personnalités de confiance par rapport aux autres qui étaient probables médiateurs. Toutefois, il existe une suspicion entre ces deux pays qui tournerait, ces dernières années, autour des militaires Ex-FAZ qui se sont réfugiés en majorité de l’autre cote du fleuve ainsi que la présence du général dissident Faustin Munene. Malgré cela, ces anciens militaires peuvent ne pas faire partie des expulsés ; ce qui signifierait que la question de ce drame affecte le paisible paysans qui étaient à la recherche de leur survie.

Bizarrement, ces expulsions semblent s’accompagner par des violences latentes qui se caractérisent apparemment par le fait de ne pas aviser ces personnes même s’ils seraient en irrégularité. Il y a aussi ceux qui déclarent avoir été victimes d’autres formes des tortures, mais l’existence des tortures psychologiques est évidente, personne n’en disconviendrait. Ces expulsés seraient-ils victimes de mésententes personnelles entre hommes d’Etat ou un acte pour marquer l’impatience de la part du médiateur/facilitateur ? Par surprise, les représailles se font déjà sentir dans le sens que 500 étudiants brazzavillois ont quitté Kinshasa craignant des formes de vengeance. Il s’agit d’une situation préoccupante dans les relations de pays voisins ; et ces refoulements ne sont pas les premiers malheureusement.

Entre 2009-13, des centaines des milliers des congolais ont été expulsés dans presque les mêmes conditions par l’Angola, un autre voisin. Ces compatriotes sont souvent accusés d’établissement illégal dans ces pays voisins. Des accusations qui peuvent être considérées comme des boucs émissaires car leur établissement avait existé pendant longtemps et dans les mêmes conditions. Le cas de ces étudiants brazzavillois qui vivent à Kinshasa en dit plus car eux aussi suivent régulièrement les études à Kinshasa alors qu’en irrégularité. Ces expulsions d’Angola ont été aussi accompagnées par des tortures physiques et psychologiques au point que des femmes et filles ont été victimes des violences sexuelles.

La réaction de Kinshasa, en rapport avec ces expulsions, est et a été presque la même : la condamnation et la stupéfaction. Toutefois, il faudra comprendre cette sagesse car peut-être constructive et adaptée pour le long terme et le bon voisinage. La position de force peut aussi jouer un rôle déterminant dans la réaction de part et d’autre. Il faudra aussi rappeler que le mois passé 251 personnes ont péri dans le lac Albert lors d’un accident de naufrage. Ces personnes fuyaient possiblement les conditions d’accueil dans les centres des refugies en Uganda. Il s’agit presque des malheurs qui ont certaines similitudes.

Loin de chercher les raisons derrières toutes ces expulsions et malheurs et en avoir un jugement hâtif pour des faits découlant des relations interétatiques, il est important de comprendre pourquoi ces congolais errent-ils. De l’Angola à Brazza, mon humble opinion porte à croire que le délabrement des conditions socio-économiques serait à l’origine de tous ces mouvements. En plus de violence socio-politique de la RDC, les congolais cherchent partout où ils peuvent survivre en sécurité dans le sens large. Ce choix est motivé possiblement par certaines différences sur le plan économique et social caractérisant ce trois pays.

Il est à remarquer que le Produit Intérieur Brut (PIB/Habitat) est autour de 5.000 $/an en Angola, 3.400 $ au Congo-Brazza, alors que celui de la RDC est de 416$. La parité de pouvoir d’achat est respectivement aux alentours de 6.000$ ; 4.500$ et 694$ en Angola, Congo-Brazza ainsi que la RDC. Bien que ces indicateurs économiques ne démontrent pas toute la réalité socio-économique d’un pays, ils expriment largement la base de ce que pourra constituer une différence dans d’autres domaines. En plus de cela, il est à signaler que ces trois pays ont presque en commun des similarités en terme des potentialités économiques et un passé marqué par des violences et des guerres. L’existence des différences de niveau de vie se trouvent dans les raisons que les personnes avisées connaissent mieux.

Par conséquent, les solutions à ces problèmes d’expulsions ainsi que d’autres que nous ne pouvons pas relater dans cet article, doivent trouver inévitablement des solutions par des dirigeants congolais. Toutefois, ces solutions doivent viser le long terme et la stabilité socio-économique des citoyens ordinaires. Il s’agit de mettre en place un environnement propice et attractif dans lequel ce citoyen ordinaire pourra survivre. Les réponses à court terme et immédiates doivent éviter des confrontations entre états, mais plutôt s’orienter dans une logique de bon voisinage. Les plans de distribution et de redistribution des richesses nationales sont imposables et l’accent doit être mis sur l’établissement des infrastructures publiques permettant aux populations de s’épanouir, éradiquer la corruption et l’enrichissement illicite au détriment du peuple ainsi que rendre justice à tous.

Ntanyoma R. Delphin

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