Si la RDC, le Géant Dormant Venait au Secours du Burundi: Quelle Contribution Contextuelle ?

La crise Burundaise date déjà d’une année durant. Pendant toute cette période, elle a causé de multiples dégâts tant humains que matériels. Le nombre de morts s’élève aux environs de centaines de milliers de personnes, dont la majorité serait des personnes innocentes. Le grand nombre de ces dernières ne s’attendaient pas que les contestations contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza arrive au point de réengendrer encore une fois de rebellions. Au vu de l’expérience du passé, il me parait que le Burundais aiment bien la liberté, défendre leurs droits mais ils ne peuvent pas tous s’accorder que cela passe par la voie de faire couler encore de sang.

La crise qui s’assimilait dans le temps à une interprétation du texte constitutionnel, elle a pris une autre ampleur qui a impliqué un coup d’Etat militaire ainsi qu’une possible rébellion en gestation. Les efforts de médiation et du dialogue conduit par l’Uganda semblent aussi trainer le pas. Au même moment, les pertes en vie humaines ne cessent de s’alourdir et la crise est loin de prendre fin dans le bref délai car elle opposerait en coulisse les puissances régionales.

Crise_Bujumbura

La proximité de deux pays, Burundi—RDC ainsi qu’un certain « parallélisme » tout autour d’organisation d’élections mais aussi les questions liées au troisième mandat, laisserait croire que ce dernier aurait activement été impliqué dans cette crise. Malgré des soupçons d’implication des pays voisins qui, semble-t-il, alimentent une nouvelle rébellion pour forcer le président Pierre Nkurunziza d’abandonner le pouvoir ; la position de la RDC dans le dénouement de cette crise se fait difficilement voir. Alors qu’elle aurait été déterminante, cette position est probablement liée au fait que ce géant t reste encore dormant sur des questions régionales.

Il peut paraitre que la RDC ne veut pas se mêler dans une affaire, qui au départ, était perçue comme Burundo-Burundaise ; c’est-à-dire, une question à résoudre à l’interne. Là, le pays du Raïs Joseph Kabila est mieux connu pour sa position de ne pas s’ingérer dans les affaires de pays voisins. L’expérience d’agression ainsi que les conséquences d’ingérence qu’ait traversées l’ancien Zaïre de la part des voisins auraient fait que la RDC ait résolu de ne pas imiter cette pratique « malsaine ». Cette politique est tout de même une meilleure attitude pour la stabilité de la région ; mais, elle serait en plus liée aux capacités que ce géant dormant fasse le choix entre disperser ses forces dans la stabilisation intérieure et le celui d’intervenir dans les affaires externes.

A en croire, la crise Burundaise ait toutefois eu comme conséquences l’existence des refugiés sur le territoire congolais. Du cote congolais, cette crise est actuellement suivie ces dernières semaines car certains mouvements de personnes dites « infiltrés » traverseraient le sud du Sud-Kivu, notamment la Zone d’Uvira vers le Burundi. L’objet de ces infiltrés serait de déstabiliser le Burundi par l’usage de force et des armes. L’existence d’infiltrés exprime un signal qui ferait que la RDC puisse s’intéresser de plus en plus sur la crise Burundaise. Même si ce le géant dormant peut ne pas s’impliquer activement—négativement dans cette crise comme le font ces pays soupçonnés d’entrainer les rebelles, il peut quand même prévenir que notre territoire soit un dépotoir de rebelles ayant pour mission d’attaquer un pays voisin ; et cela indépendamment du choix souverain du pays.

UN_Burundi

D’une manière particulière, le fait que les rebelles aient été entrainés dans la région, au cas où cela s’avérait vrai, pour un lecteur mieux informé, cet entrainement ne rassure certainement pas la RDC. Durant une période cruciale et volatile en rapport avec les élections en RDC, une solution armée au Burundi serait un mauvais antécédent pour le premier. Le monde est témoin d’atrocités qu’a connu l’Est du Congo ces dernières décennies de façon que laisse la RDC sombre encore une fois dans un tel climat, serait une lâcheté. Comme les politiques dans le contexte comme Rd congolais où la recherche d’accéder au pouvoir n’hésiterait pas d’user tous les moyens possibles, on s’attendrait à ceux-là qui pourront penser à l’usage de force. Dans ce cas, l’Est du Congo, mais surtout la frontière Burundi-Rwanda-RDC est parmi celles ayant plus d’ingrédients pour son déclenchement.

Pour ce faire, le géant dormant ne doit jamais croiser les mains comme si cela n’entrait pas dans son rayon d’action et de sa survie. Que le géant dormant ne s’implique pas négativement dans l’affaire Burundaise, mais il doit veiller qu’une solution armée, manipulée dans la région et plus spécifiquement une rébellion ne puisse être la solution à la crise Burundaise. En l’entendement du bloggeur, la RDC a plus intérêt que la crise Burundaise se résolve politiquement et le dialogue. La RDC doit user de son poids diplomatique ; et au besoin contraindre par tous les moyens possibles, que l’usage de la force/violence ne soit pas un moyen d’alternance dans la région, plus particulièrement au Burundi. La raison est plus claire, la prise du pouvoir par la force au Burundi, dans un contexte de manipulation externe ne serait qu’une brèche par laquelle l’Est du Congo peut encore une fois sombrer dans le chaos.

En dehors de débats sur les crises-actualités régionales et internes, le bloggeur vous souhaite une meilleure année 2016. Qu’elle soit pour nous une année de préserver les acquis de paix et de stabilité pour la région, la RDC en particulier ; mais aussi une année où les souhaits de réduire la pauvreté et l’inégalité, une répartition équitable des richesses nationales soient entendus par nos dirigeants.

 

Ntanyoma R. Delphin

Secrétaire Exécutif & Coordonnateur

Appui au Développement Intégré &

à la Gouvernance

Compte Twitter @delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

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