Kongolité contre Congolité: Emergence de Sindika Dokolo

La politique RD Congolaise est remplie de phénomènes et paradoxes immenses qui de fois imposent de comprendre les origines d’acharnements à caractère politique qui se dissimulent dans les origines ethno-communautaires. C’est en lisant cette discussion sur les medias sociaux que je me suis rappelé de cette phrase dans le livre de Nzongola-Ntalaja Georges. En Anglais, l’auteur nous décrit l’origine de la constitution de la République Démocratique du Congo en ces mots : « The country as we know it today, resulted from the imperial dream of the King Leopold, his quest for access to the rich natural resources of central Africa, and the imperial rivalries of the European scramble for Africa[1] ». Le choix de mots utilisés peut susciter de débats au point de ne pas y croire ; mais littéralement, Georges voulait signifier que la RDC, le pays que nous connaissons est le produit du rêve de Leopold ainsi que des rivalités européennes pour accéder aux ressources naturelles de l’Afrique Centrale. Autrement, si les Belges et Européens n’avaient pas été intéressés par ces richesses naturelles et minières, la RDC aurait eu une autre forme ? Je ne saurais pas me prononcer.

Depuis qu’il opte au choix léger de s’en prendre au régime en place à Kinshasa, Sindika Dokolo a été l’objet de plusieurs qualificatifs tendant à l’exclure dans l’arène politique RD Congolaise comme quoi il ne l’est pas. Je ne saurais pas confirmer ni infirmer qu’il l’est ou pas car le contexte Congolais est riche en spectacles mais aussi en des événements qui ont obligé de faire de choix qui n’entaient pas nos préférences. Est-il victime de ses choix politiques ou de son appartenance aux familles métissées ? Il est difficile de lier ce deux aspects avec fermeté, mais le bon sens ferait croire à une corrélation car de tirs l’attaquant sont en ma connaissance venus quand il a affiché d’ambitions politiques. Il me parait qu’il avait toujours été concentré autour de sa fondation. Son intérêt dans la politique a employé les mêmes voies qui sont les critiques du régime en place. Possiblement, on peut se faire l’idée facile qu’il a décidé d’user le chemin le plus court comme le font les autres Il est facile d’accuser  ce régime car ce dernier trouve moins de réalisations à présenter. Alors, la meilleure façon de se positionner, il faut seulement pointer du doigt à ses faiblesses. De surcroit, il me semble que sa marge de manœuvre ne lui permet pas de toucher l’aspect « origines suspectes » de certains dirigeants actuels comme le font d’innombrables ‘politiciens’ peut-être pour des raisons de maturité ou celles liées à ses origines.

José Eduardo dos Santos, Angola's president, left, and daughter Isabel dos Santos in the second row
Photo de famille

Selon les informations accessibles au net, Sindika Dokolo est né en 1972 et est le fils d’Augustin Dokolo ainsi que de la Danoise Hanne Kruse. Il provient d’une famille d’Affaires millionnaire et aussi collecteur d’œuvres d’art Africains. Sindika a été élevé en Belgique, France où il a passé la majeure partie de son parcours. Depuis son mariage avec Isabel dos Santos, la fille ainée du Président Angolais, ses intérêts semblent s’orienter vers la fondation Dokolo ainsi que les affaires car son épouse est parmi les investisseurs reconnus du monde et la première milliardaire femme Africaine, si mémoire ne m’abuses pas. Depuis belle lurette, Sindika n’était pas intéressé possiblement de la politique Congolaise. L’une de ses sorties médiatiques fut sa visite aux refugiés Congolais venus du Kasai et ayant trouvé refuge au Nord de l’Angola. Alors que depuis les années 1999, Sindika concentrait ses activités à Luanda, son intérêt particulier dans la politique de Kinshasa durant cette période spécifique ferait que des observateurs indépendants penser à ses liens avec la famille présidentielle Angolaise mais aussi de l’intérêt que ce dernier pays prête sur l’évolution du climat politique de son voisin. Pourrait-il constituer l’alternative pour assurer les intérêts de la région ? Affaire à suivre.

Il a récemment multiplié de déclarations controversées qui peuvent s’interpréter différemment mais aussi de visites avec la « nouvelle » opposition Congolaise dont Moise Katumbi. A un certain niveau, il appelle à une forme de résistance??violence pour contrer le pouvoir en place dont il veut se peut-être se positionner comme opposant. Au même moment, il doit se défendre devant toutes sortes de qualificatifs tendent à le considérer comme étranger mais aussi proche de Luanda. On a réalisé qu’il y a d’innombrables arrêts à Kinshasa portant le nom de son père à la suite de ce débat. Ce débat n’est tout à fait pas nouveau au sein de l’arène politique. « Banda kala », ces types d’acharnements visaient toujours les hautes personnalités dont les Présidents de la République. L’un avait été considéré comme Centrafricain, le nouveau est dit être « rwandais ». Ces dernières années, l’opinion Kinoise ainsi que les populistes politiques ne feront que designer pour origine Tutsi ou Rwandaise toute personne dont on veut se débarrasser dans l’oreille de l’opinion publique et expliquerait comment on identifie un seul criminel présumé dans l’affaire impliquant de milliers de personnes. La tendance prouve que même les héros nationaux sont suspectés de ne pas appartenir à ce pays ; et enfin qui est Congolais et qui ne l’est pas. La réponse est dans les mains de Léopold ?

La campagne prend de fois une tournure xénophobique et en quelque sorte insensée. On oublie facilement que la politique et les origines ne doivent pas se mêler ; la loi définit peut ou ne pas faire. En plus de cela, je trouve qu’il est difficile que chaque congolais s’identifie par une peau purement « black », que je dénomme ‘Kongolite’. Malheureusement, ils sont nombreux qui usent la notion de Bantus pour s’approprier cette autre notion dit « Congolité ». Ceci rappelle inévitablement notre diversité mais aussi notre im/maturité politique. D’une part, cette im/maturité recourt aux critiques stériles pour prouver qu’on est plus opposant mais d’autres part, les luttes de positionnement font qu’on trouve toute justification pour se débarrasser du potentiel concurrent. La campagne qui s’attribuait au « Ngbandisme » dans le temps risquerait de dégénérer et fragiliser la société Congolaise dont la cohésion est fragile.

 

NTANYOMA R. Delphin  

Twitter : https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

[1] Pour les détails, Nzongola-Ntalaja Georges (2002), “The Congo from Leopold to Kabila: A people’s History, Zed Books, London and New York, page:14.

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