Manisfeste « Esili, Inaisha, Imeni, Kuajiki » : Points de Ressemblance ou Genval Bis ?

Le conclave de Genval s’est tenu en Belgique date du 8-9 Juin 2016, sous le leadership du Président de l’Union de Démocrates pour le Progrès Social (UDPS), Feu Etienne Tshisekedi wa Mulumba, quelques semaines avant l’expiration du 2e mandat du Président Joseph Kabila. Pour sa part, le Conclave de mouvements citoyens s’est tenu à paris du 15-17 Aout 2017 sous l’égide probable de Sindika Dokolo, le nouveau leader du « Les Congolais Debout » et à quelques semaines de la fin du délai additionnel résultant de l’Accord de la CENCO pour organiser les élections présidentielles. Il sied de rappeler que Genval donnant naissance au Rassemblement de Forces Acquises au Changement alors que Paris donnerait naissance au regroupement Esili, Inaisha, Imeni, Kuajika « E.I.I.K ».

Avec une petite nuance de la période séparant les élections légitimes et celles liées aux accords de la Saint Sylvestre et les participants (la plupart appartient aux mouvements citoyens comparativement au Conclave de Genval), il y a de similarités en termes d’attentes pour ces deux assises. Cet article essaie de rapprocher/comparer  les contenus de ces deux conclaves dont les raisons derrière le choix du lieu des assises peuvent avoir aussi certains points communs.

Sans surprise, les deux déclarations  décrivent la situation sociopolitique et sécuritaire de la même façon. Il s’agit du rétrécissement de l’espace politique ainsi que le climat de terreur et d’insécurité voulu et entretenu pour que le locataire de la présidence de la RDC s’éterniser au pouvoir. Et par conséquent, les participants estiment que la suite sera la dictature qui va s’installer au sommet de l’Etat mais aussi le non-respect de la constitution. Le respect de la constitution reste largement visualisé en termes d’organisation des élections ? De ce fait, les deux conclaves ont en commun l’exigence de libération de medias fermés, prisonniers politiques ainsi que celles d’opinions.

 Le Conclave de Genval qui avait convié en grande partie les partis politiques de l’opposition ainsi que certains représentants de la Société Civile Congolaise, avait « convenu de mettre en commun leurs forces et énergies en vue de faire échec à toutes les velléités de renversement de l’ordre constitutionnel ». Pour sa part, le conclave de mouvements citoyens appelle « le peuple congolais à user de son devoir sacré de faire échec, avec de moyens pacifiques et non-violents, à la tentative du Président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà du 31 Décembre 2017 en application de l’Article 64 de la Constitution ». Et si les deux composantes partagent de zones d’intérêt, ne peuvent-ils pas partager les stratégies ? Serait-il que les mouvements citoyens ont perdu confiance aux acteurs et entrepreneurs politiques ? La question est sans réponse jusqu’à preuve de contraire !   

Déclaration de Mouvements Citoyens réunis à Paris

Genval avait aussi proposé un type de dialogue en suivant la lettre et l’esprit de la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité de Nations Unies sous la facilitation de la communauté internationale. Une partie de ces exigences avait conduit en l’organisation de deux dialogues en l’espace de 4 mois. Le conclave de mouvements citoyens tenu à Paris semble emboite le même pas sans préciser les contours d’un possible dialogue sanctionnant le départ de Joseph Kabila. Ce départ obligera la mise en place d’une transition citoyenne résultant de l’organisation des assises appelées « concertation nationale ayant pour mission principale d’organiser les élections crédibles, transparentes, ouvertes…». On en déduirait que ce conclave de Paris se démarquer de la lettre et esprit de résolutions de l’Accord de la Saint Sylvestre ? La transition citoyenne signifierait celle dont les animateurs ne sont pas politiques ou n’appartiennent pas à la coalition actuelle dirigeant le pays? Il me semble que d’éclaircissements seraient importants pour mieux saisir le contour de l’organisation de ces nouvelles assises dites « concertation nationale ».

Selon les mouvements citoyens réunis à Paris, la transition citoyenne résultante de la démission du Président Kabila aura pour mission principale d’organiser les élections mais aussi de la mise en place d’un « nouveau système de gouvernance basé sur une justice indépendante, des services de sécurité protégeant les citoyens…, garantissant une gestion transparente et équitable de toutes ressources nationales…, institutions fortes et démocratiques… ». A cela s’ajoute un autre questionnement autour de la mise en place de tous ces mécanismes visant à instaurer un système d’état de droit et justice indépendante mais particulièrement la notion de la redistribution de ressources nationales. Un troisième ou 100e dialogue pour contourner tous les enjeux et défis que connait la RDC en termes sociopolitique et sécurité n’est pas chose facile. Il faudra prouver que les ambitions sont réalisables et qu’elles se fondent sur une indépendance totale de concepteurs. Les participants doivent nous avouer qu’ils seront à mesure de répondre aux multiples défis que connait le peuple ordinaire et cela est aussi politique. Ils finiront par devenir de politiciens ?       

Ntanyoma Rukumbuzi Delphin                                        

PhD Researcher in Conflict Economics

The Institute of Social Studies/

Erasmus University Rotterdam

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.easterncongotribune.com

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