Election de Gouverneurs: Candidat Favori & Défis devant le Gouverneur Sud-Kivu

L’on vous dira presque tout mais les problèmes que revendique le peule ordinaire me restent largement fondés. La population réclame que son bien-être soit amélioré; plus clairement, elle exige une redistribution équitable de ressources du pays. Ceux qui peuvent y trouver une brèche en vue de se frayer un chemin en élimant les adversaires potentiels sont nombreux. Toutefois, cela ne veut en aucun cas signifier que le peuple ordinaire a quelque chose de rancœur par rapport à une personne. Ceux qui prétendent occuper le poste de direction à tous les niveaux feraient mieux en comprenant cette donne plutôt que de chercher de solutions à gauche et a droite.     

Candidats Gouverneurs et Vice-Gouverneurs du Sud-Kivu

Les élections de Gouverneurs et Vice-gouverneurs dans les 9 Provinces sont prévus pour ce 26 Aout 2017. A l’exception du Kasaï Central et de la Mongala pour le Vice-gouverneur, Bas-Uele, les provinces de l’Équateur, Haut Katanga, Haut Lomami, Kwilu, Sud Kivu, Tshopo, Tshuapa, Sud-Ubangi organiseront les élections de premiers dirigeants provinciaux. Parmi celles-ci, la Province du Sud-Kivu est la seule où le Gouverneur Marcellin Cishambo Luhoya est passé plus de 7 ans à la tête de celle-ci. Les Provinces restantes sont celles démembrées et mise en place en 2015. Ces personnalités politiques avaient été élues d’ici Mars 2016, ce qui veut dire qu’ils aient occupé ces postes de Gouverneurs pour plus d’une année et demie. Toute personne intéressée de la politique Congolaise ne peut s’en passer de cette question qui a fait que ces personnalités ne puissent même être à mesure de gérer ces entités pendant deux ans.

Le cas frappant est celui de la Province du Sud-Kivu où le gouverneur avait fait l’objet d’une motion de censure et une pétition avant de jeter les tabliers. Cette province fait l’objet de cet article en vue d’en rappeler les grands défis que rencontrera son favori successeur. Tout en reconnaissant que ces provinces connaissent de différence en termes de composition socioculturelle, il me semble qu’elles partagent en gros les attentes dans le cadre socio-économique pour le citoyen ordinaire. Les citoyens ordinaires veulent accéder aux infrastructures routières, la sécurité, l’éducation, la sante, l’habitat décent ; bref chacun de nous veut vivre comme eux vivent !

Pour rappel, le Sud-Kivu est l’une de provinces qui a été démembrée de l’ancien Kivu en 1988. Durant ces dernières décennies, l’ancien Kivu a été l’épicentre de conflits et mouvements insurrectionnels qui n’ont pas épargné le Sud. Certains de ces conflits trouvent origine dans les politiques manipulatrices et populistes tournant autour de diversités socioculturelles dont la cause principale serait de griefs qui font que les gens se laissent manipuler facilement. Ces diversités constituent en son tour l’élément mobilisateur pour la perpétuation des crises d’identités et confrontations incessantes. Sa gestion administrative a souvent fait l’objet de rivalités entre lesdits grands groupes ethniques dont le Bashi/Balega et à moindre mesure les Babembe. Espérons que le potentiel gouverneur en tant que diplomate ne pourra pas tomber dans ces pièges !  

L’un de défis majeurs auxquels sera confronté le nouveau gouverneur est la sécurisation de la Province à travers la démobilisation de groupes armés ainsi que la mobilisation autour de la cohabitation entre communautés ethniques. La question est délicate du fait les groupes armés dans la province ressurgissent de plus en plus au point de rendre le climat social plus fragile que ne l’était il y a quelques années. Cette question ne laisse indifférente et reste liée à la cohabitation entre les communautés et surtout ethniques. Le nouveau Gouverneur devra s’atteler à la mobilisation de tous les groupes ethniques en vue de poursuivre la ligne qui avait été tracée par son prédécesseur. Dans tous ses revers, Marcellin Cishambo aurait su comprendre les sensibilités autour de cette question et a su intégrer les groupes minorités au sein de l’administration provinciale. Bien que cette intégration reste sujette à débat, la cohabitation pacifique en elle-même reste une voie qui s’impose pour la stabilité de la province. Elle peut ne pas passer par les nominations au gouvernorat mais le contexte socioculturel ainsi que le passé conflictuel nous oblige d’y mettre un accent.       

Grevistes au Bureau Provincial du Sud-Kivu

En plus de cela, le nouveau locataire du Gouvernorat du Sud-Kivu doit penser ardemment à la gestion efficiente de ressources financières et économiques de la province en vue d’établir les infrastructures socio-économiques pour le tout premier décollage de cette entité longtemps meurtrie par les guerres et mégestion. Dans une multitude de defis dans le domaine de la gestion provinciale, l’un d’indicateurs de la faillite de la Province en termes de gestion financière est le retard en paiement de salaires des agents du Gouvernement Provincial ainsi que ceux de la Direction Provinciale de Mobilisation et d’Encadrement des Recettes (DPMER) et du Corps Provincial des Inspecteurs des Finances (CPIF). Ces derniers sont en grève depuis plusieurs semaines en vue de réclamer leurs soldes nageant autour d’une année d’arriérées d’impayées.

Le seul indicateur peut vous semble moins convainquant mais ceux qui connaissent la Province savent qu’aucune route n’a été construite depuis des années alors qu’elles restent vitales en termes de production de ressources minières, coltan, cassitérite, or…. ; mais aussi la production et commercialisation de produits vivriers. Pourra-t-il mettre en pratique des politiques pour limiter ces importations de produits de premières nécessites provenant de pays limitrophes qui ne sont au grand jamais potentiellement riche que nous ? Ca constitue ma prière et requête mais cela exige une assiduité aigue de la part de gouvernants!  

Les rumeurs font étant de la grande probabilité que Claude Nyamugabo, candidat de la Majorité Présidentielle, soit le plus favori. Cet aspect en soi tend à devenir un défi pour que nos dirigeants deviennent redevables vis-à-vis de la population locale. L’influence et relations avec le parti au pouvoir ainsi que les connaissances autour du cercle présidentiel a souvent été brandi comme raison de devenir « intouchable » ; source des failles qui font ces individus rendent un mauvais service à la population mais aussi à ceux-là de la haute hiérarchie qu’ils représentent au niveau provincial. L’ancien ministre de Sport et Culture, Ambassadeur itinérant de la RDC auprès de l’Union Africaine et Ethiopie serait conseiller de renverser les tendances pour retrouver la confiance de la population Sud-Kivutienne ; et surtout ces moments de tourments autour des élections présidentielles. Il lui est recommandé de bien vouloir comprendre les soucis majeurs du peuple ordinaire qui veut, au moins une fois dans la vie, vivre une vie digne d’un congolais potentiellement riche. Cette recommandation s’applique à l’ensemble de ces personnalités qui seront élus gouverneurs.     

Devant faire face à une assemblée provinciale mise en place depuis 2006, le nouveau locataire du Gouvernorat du Sud-Kivu pourra se retrouver entrain de faire à des bâtons jetés dans les roues. Il est difficile de mieux pointer le doigt au plus coupable qui a fait que cette province stagne pour presque de décennies mais la responsabilité des élus au parlement provinciaux ne le sont pas le moins. De ce fait, le nouveau gouverneur pourrait faire face une certaine rigidité de ces députes provinciaux en anticipation de possibles élections à venir. Enfin, en bon diplomate, le potentiel gouverneur de la Province du Sud-Kivu devra jouer ce rôle dans le cadre du bon voisinage aux frontières qui ont été longtemps caractérisées par des confrontations et manipulations. Bien que relevant des attributions du Ministère des Affaires Etrangères, le gouverneur du Sud-Kivu reste en grande partie la personne maitrisant les donnes de la région de grands lacs et plus particulièrement les questions d’actualité qui opposent ces pays. La crise au Burundi ainsi que ses conséquences sur la sécurité interne au Sud-Kivu, la main invisible du Rwanda ainsi que l’œil de Kampala qui cligne le moins possible sont paramètres que ce nouveau dirigeant est à appeler à maitriser. Il y a une multitude des questions, suggestions et défis, la bonne volonté―transparence est de nécessaire en vue de servir en premier le peuple ordinaire.                  

NTANYOMA R. Delphin

PhD Researcher in Conflict Economics

The Institute of Social Studies/

Erasmus University Rotterdam

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

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