Minembwe: Nostalgie, Abnégation & Engouement

Elle est parmi les premières qui m’ont fait voir certaines de nos limites quand elle réalisa que même nos prédicateurs prennent la bonne nouvelle dans une forme discriminatoire. Il s’agit de la bonne nouvelle que l’autre groupe bénéficie difficilement pour ne pas lui offrir cette occasion l’épargna de « l’enfer eternel ». C’est dans son ouvrage « Les Hauts Plateaux » que Lieve Joris relate ce constat qu’elle a observé à Bijombo quand les prédicateurs venus de « loin loin », n’avaient pas pensé faire quelques pas pour aller prêcher à Ishenge ; villages situés dans le périmètre de Bijombo. Vrai ou faux, notre passé nous enferme souvent dans cette situation de voir nos familiers biologiques, communautés ethniques, nos régions/provinces avant de voir la nation dont ses bases chancellent de temps en temps. Elle avait aussi fait une remarque importante sur nos prédications hors portées qui parlaient de situations obscures dont les paisibles chrétiens n’en comprenaient pas le sens ; a l’instar de Megabytes.

De Bukavu à Minembwe

Cette fois-là, le contexte est tout à fait différent de celle observé par Lieve Joris à Bijombo. Il est pratique et répondant aux besoins immédiats de la population locale. Il s’agit du domaine de la médicine ainsi que les docteurs venus de la diaspora pour apporter secours à l’hôpital de Minembwe. En partenariat avec l’Eglise Zion Temple représenté  au Sud-Kivu par Mungwete et l’hôpital de Minembwe, ces docteurs―médecins venus principalement du Rwanda sont arrivés à Minembwe au début de la semaine dernière (11-17/09/2017) en passant par Bukavu. Le choix de l’avion n’est pas le luxe mais plutôt lié aux mauvaises conditions de la route ainsi que les défis de sécurité en traversant la zone de Baraka-Fizi-Minembwe. L’activisme de groupes armés ne cesse de rebondir dans une région caractérisée par de profond ressentiment entre groupes communautaires. Je douterais d’ailleurs de celui qui garantirait leur sécurité et survie s’ils avaient décidé de prêter main forte aux médecins de Kilembwe. Toutefois, cela ne signifie pas que l’axe Misisi-Lulimba-Kilembwe n’a pas ces mêmes besoins mais les faiblesses qui nous divisent de plus peuvent ne pas permettre de trouver une synergie de tous les horizons.

En salle d’opération

Bien que le choix du partenariat entre Zion Temple et l’hôpital de Minembwe ne serait pas lié à ce passé, j’ai été rassuré que leurs interventions médicales n’ont pas discriminé les malades par leur appartenance ethnique ou régionale. Ceux qui savent mieux le contexte congolais et celui spécifique de la région en question n’hésiteront pas de vous dire que les missions d’Etat n’ont apparemment pas existé. Les organisations caritatives et non-gouvernementales jouent un rôle prépondérant dans l’octroie de services ; même ceux dont sous d’autres cieux sont dits publics. En dehors du contexte sécuritaire fluctuant, les possibilités financières sont aussi limites pour les malades qui auraient besoin de se faire soigner ailleurs. Je pense aussi que cet hôpital qui sert de milliers de personnes n’est pas à la hauteur en termes d’équipements médicaux ; un débat qu’on n’avance pas aujourd’hui mais qui représente l’image de Madimba, Malembankulu ou Mwenditu. Voulez-vous lire cet article en rapport avec  mon anniversaire ou ma date naissance à Minembwe ?     http://easterncongotribune.com/2016/08/09/le-08-aout-mon-anniversaire-ou-la-date-de-mon-exceptionnelle-naissance/

Après une séance avec les mamans

Ces médecins venus à Minembwe pour la troisième fois sont Dr Robert Ruhayisha, Dr Fred Ndatimana,  Dr Eric Rusagura, Oussein Rugaza et Amon Rusengwambere. Ils sont plus dévoués et engagés bien qu’ils seraient animés par ce sentiment de nostalgie et de désespoir devant une situation qui traine à évoluer. Je me dis aussi qu’ils auraient voulu servir leur pays avant de contribuer comme membres de la diaspora ; toute une histoire. Nonobstant, les défis restent énormes au point de comprendre leurs émotions et choix tout en espérant qu’ils seront un jour à mesure de contribuer au développement de ce grand pays!

Séance avec les élèves

Pendant la semaine qu’ils ont passée dans cette contrée, ils ont pu mener plusieurs interventions dans le cadre de soins médicaux, opérations mais aussi organisés débats-discussions sur les questions d’actualités dans le domaine de la santé. Les données préliminaires sont reprises dans le tableau ci-après :

Date/Jour Malades soignés Opération
Lundi 78
Mardi 91 1
Mercredi 95 3
Jeudi 91 1
Vendredi 116 1
Samedi 105 1
Total 572 7

 

Séance avec les étudiants infirmeirs

En plus de ces interventions médicales, l’équipe a discuté largement avec plusieurs catégories de personnes sur la santé reproductive, HIV Sida, Tuberculose, Infections Sexuellement Transmissibles etc. Les discussions ont été organisées avec hommes, les jeunes, les femmes en général avec un accent particulier mis sur les veuves. La jeunesse comprenait en grande partie les élèves des écoles secondaires. Une séance a réuni les infirmiers de l’hôpital mais aussi les étudiants qui font le nursing.

Avec les veuves, ainsi que des enfants de l’Orphelinat de Minembwe

Selon ces médecins, les cas frappants de ces maladies sont de type Rhumatisme, Maladie Gastrite, les mycoses, ainsi que des tumeurs qui nécessitent plus d’équipements. La consultation était de 3000 Franc Congolais (valeur de 2$) indépendamment du cas ; le reste est gratuit mêmes les médicaments.  L’échographie abdominale était de 5$ au lieu de 10$, l’opération de la hernie était à 20.000 FC au lieu de 200.000 FC ainsi celle de Lipome qui coutait 20.000FC au lieu de 150.000FC. Le reste des examens spécifiques qui, du reste, est dans la gestion de l’hôpital nécessitaient de paiement au prix de l’hôpital.

Aperçu de Minembwe

Pour rappel, l’hôpital de Minembwe a 3 médecins généralistes and quelques infirmiers. La question de l’électricité reste toujours un casse-tête et la nos médecins ne peuvent plus rien faire. Il faut un générateur-moteur pour une opération médicale avec tous les risques que cela pose. Quelqu’un dira que la demande d’un barrage électrique est une demande de trop !

NTANYOMA Rukumbuzi Delphin

PhD Researcher in Conflict Economics

The Institute of Social Studies/

Erasmus University Rotterdam

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.easterncongotribune.com

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