Maimai Yakutumba en Progression: Comprendre les Enjeux & Mobiles

Tôt ce matin, un groupe des hommes en armes ont fait irruption dans la Cité de Mboko à une quarantaine de Kilomètres au Sud d’Uvira, nous sommes en  territoire de Fizi au Sud-Kivu. Selon certaines sources, les localités de Mboko, Swima, Lusenda, Nundu et Munene auraient été attaquées pour la journée d’aujourd’hui dimanche 24/09/2017. Ces miliciens qui profitent de l’appui de certaines personnes au sein de population locale, ils s’imposent en bénéficiant du moral et de la complicité (à quelque niveau et pour certains individus) au sein de force de sécurité nationale. Les mêmes combats se déroulent actuellement dans la partie sud vers Kilembwe, le fief Général Sikatenda.  

De sources concordantes tendent à affirmer que ces groupes Maimai  ont été à mesure d’occuper la cité de Mboko très tôt ce matin dimanche,  24/09/2017. L’ensemble des activités ont été paralysées ce matin car des affrontements ont commencé vers 5h le matin et les forces de sécurité nationale auraient fait un repris tactique (comme nous l’apprenons souvent). Ce soir, de rumeurs seraient qu’ils entrent dans la cite de Makobola, à une dizaine de Kms d’Uvira. Les dégâts sont à répertorier dans les heures qui viennent.

Ils seraient venus de la presqu’île d’Ubwari située dans le Lac Tanganyika d’où d’affrontements incessants ne cessent de se produire entre les miliciens Maimai face aux FARDC. Ubwari est l’espace terrestre allongé dans les eaux du Tanganyika qui relie la RDC, Burundi et Tanzanie. Il est large et couvre une large zone qui peut s’exploiter facilement de la part de frontières Burundi, Tanzanie, Zambie. La question dont la plupart se pose est qui sont ces Maimai et quels sont  leurs objectifs ?

Ces derniers temps, les revendications du groupe Yakutumba ont pris une tournure politique. Ils essayent de lier leurs revendications avec le contexte sociopolitique du pays et surtout celui lié aux élections. Toutefois, il est important de retenir que le contexte socioculturel est plus encré les esprits de combattants Maimai au point que la revendication primaire est celle de leurs attentes vis-à-vis du gouvernement en place. Il semblerait qu’ils n’admirent pas la place que certains militaires occupent au sein de l’armée alors que ces derniers avaient été considérés comme des ‘récalcitrants’.

Les combattants Maimai, se positionnant comme de patriotes qui ont largement défendu l’intégrité du territoire contre l’agression, ils digèrent difficilement ces positions et postes occupés par leurs anciens adversaires (peut-être moins politiques qu’ennemis jurés par leur appartenance socioculturelle). Voila la raison de mobilisation aisée pour trouver les combattants dans un contexte de désespoir où l’arme fait l’honneur et la vie. Le recrutement des jeunes reste facilité par ces deux facteurs qui sont ces manipulations ethniques ainsi l’absence d’opportunités d’emplois qui ouvrent la porte grande pour entrer facilement dans les groupes armés dans un contexte d’absence d’autorité d’Etat.

La manipulation autour de la question identitaire et communautaire a fait l’objet de plusieurs discours publics et aux groupes restreints du Général de Brigade Sikatenda Shabani. Ce dernier faisant les lois ou se comportant en maître de l’axe Kilembwe-Misisi-Salamabila aurait pendant des années ravivé ces tensions ethniques et il appela à la population locale de défendre leurs droits comme des Maimai qui sont les seuls piliers du régime en place. Son inculpation et investigation dont il fait l’objet fait l’objet de mobilisation de la part de la communauté dont il est issu, les Babembe. Dans plusieurs communiqués et déclarations de l’Association Mbembe M’mbondo regroupant la communauté Babembe, ils jurent de tout faire pour ne pas se faire humilier par Kinshasa. Cette situation envenimerait le contexte actuel comme facteur de mobilisation. 

Maimai Yakutumba

    

Ensuite, le contexte actuel est plus complexe au point qu’on nous raconte de tout sauf rien. Des informations de la présence des groupes armés Burundais dans la région fait l’objet de suspicion entre plusieurs tendances. Ces groupes armés Burundais sont de fois soupçonnés d’appartenir soit aux opposants  du régime Nkurunziza mais de fois, on soupçonne certains de faire allégeance au régime de Bujumbura. Les relations entre Kishasa et Bujumbura ne sont pas clairement lisibles au point que certains observateurs croient une main de Bujumbura derrière Yakutumba ; scenario purement plausible! De ce fait, ces analystes et observateurs croient que Bujumbura appuierait Yakutumba dans le souci de déstabiliser la présence de ces opposants en arme au Sud-Kivu. Dans ce cas, on se demanderait comment Kinshasa exposerait tout son territoire alors qu’à un certain niveau, on signale que les services de sécurité Congolaises collaborent avec Bujunbura en termes officiels.    

Alors que de milliers de groupes en armes y compris les FDLR très affaiblis ainsi que d’autres dont on ne connait pas leurs tenants et aboutissants opèrent dans les territoires D’Uvira et Fizi, il reste flou de déterminer qui sont derrière les Yakutumba. Les rumeurs circulent comme quoi, les combattants Maimai aurait un appui moral, politique de la part des opposants au régime en place en RDC. Il s’agirait de ceux-là qui ne croient plus en l’approche pacifique. Il est difficile de croire en tout, mais cette fumée ne reste pas sans feu !  Si cela s’avérait vrai, Uvira, Fizi et le Sud-Kivu d’une manière globale seront sous le feu et une « opportune » dont on ne saurait plus qui en bénéficie.

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