Bukavu dans les Souvenirs de Mutebutsi-Nabiola-Mbuza Mabe?

La ville de Bukavu se réveille ce matin sous les crépitements des armes entre les éléments de la sécurité contre la garde de Monsieur Abbas Kayonga, le coordonnateur de la Cellule Anti-fraude de la Province du Sud-Kivu. Les raisons de ces armes semblent être floues et liées au rapport de force entre Coordonnateur de la Section Anti-fraude ainsi que le Gouverneur de la Province du Sud-Kivu.

Abbas Kayonga

Le plus étonnant, les medias sociaux et amateurs qui veulent tout comprendre en termes ethniques veulent associer Abbas aux Banyamulenge alors que cela n’a rien de rapport. La suite est que tout semble se politiser et les victimes seront ces innocents qui n’ont rien à faire avec la gestion de la fraude au sein de la Province. Une Eglise fréquentée par les Banyamulenge est pilée par des jeunes ‘incontrôlés ou instrumentalisés’ qui trouvent une occasion de se tailler une « part de lion » autour de l’affaire « Tourmaline ». Il s’agit de l’Eglise Méthodiste Libre au Congo (CLMC) qui avait été pillée en 2013.

Alors que les « poids lourds » Nyamugabo-Kayonga se déchirent autour de l’affaire qui paie, les jeunes de Bukavu rappelle les événements de 2004 dans l’affaire dit Mutebutsi-Nabiola-Mbuza Mabe. Une affaire dit major Kasongo tourne en confrontation entre les officiers de FARDC et la population locale paie le prix ; Les Banyamulenge sont systématiquement confondus à Mutebutsi. Dans une centaine de victimes, Banyamulenge avaient été sélectivement visés.  Ces mêmes événements se sont répétés en 2013 quand les jeunes se sont affrontés encore une fois sous instrumentalisation. Alors que les Banyamulenge pleuraient les leurs qui tombaient sur le champ de bataille contre les rebelles du M23, la population de Bukavu et principalement la jeunesse ne voyaient que cette dernière communauté que rebelles par le sang et esprit.

Alors, quelle est l’origine de ce nouveau macabre ? A l’origine est qu’Abbas Kayonga, se serait opposé à la décision de lui démettre (qu’il considère comme fanatique et zélée, selon ses proches). Selon les informations préliminaires, tout commence par la saisie d’une quantité importante de Tourmaline ou cassitérite à la frontière RDC-Rwanda. Le service de la  Détection militaire des activités anti-patrie (DEMIAP) s’entredéchire avec la section anti-fraude sur la gestion de ce dossier. Les mains invisibles derrières cette affaire serait à l’origine de ce drame qui frappe Bukavu ainsi que les chrétiens ; et dimanche de la prière.

Abbas Kayonga est demis par la suite de ces fonctions par le Gouverneur du Sud-Kivu, Claude Nyamugabo qui avait été saisi dans cette affaire. Dans l’immédiat, des manifestations sont organisées pour féliciter Claude Nyamugabo d’avoir démis Abbas qui est considéré comme le plus méchant, selon ces calicots de ces manifestants. La manifestation serait dans les agissements non-ordinaires quand les démissions sont décidées. Il me semble difficile de comprendre toutes les intentions derrière et comment les liées au rapport de force et ses mains invisibles.

Il est important de rappeler que dans une forme de jungle, Abbas Kayonga avait une ‘garde rapprochée’ et agents de la section Anti-fraude qui vivaient de sa fonction comme coordonnateur. Il serait d’ailleurs que l’engagement dans ce service s’est fié du modèle RD Congolais qui reste moins transparent à jamais. Et ces derniers ont constitué la force qui s’opposait à sa démission et arrestation moins justifiées, selon les proches. Toutefois, la vitesse avec laquelle ces événements se sont succédé doit interpeller les observateurs à revoir nos jugements.

Kayonga Abbas est demis par Claude Nyamugabo pour manquement grave, on cite qu’il aurait manifesté une insoumission dans une affaire dont les mains invisibles restent à déterminer. La suite est que les policiers commis à la garde de Kayonga  devaient immédiatement rejoindre leurs unités. Kayonga désiste par crainte et sa garde n’obtempéra pas; On parle des armes retrouvées chez-lui mais tout reste flou. La nuit dernière, une attaque est lancée pour désarmer ces policiers et arrêter Kayonga. Je reste perplexe de comprendre la réaction de ces deux personnalités. Avaient-ils d’autres agendas ? S’agit-il de l’émotionnel ou la preuve de rapport de force ? La suite vous sera communiqué et heureusement que le calme semble revenir.

 

NTANYOMA R. Delphin

PhD Researcher in Conflict Economics

The Institute of Social Studies/

Erasmus University Rotterdam

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.easterncongotribune.com

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