‘Transhumance sans Frontières’ au Bandundu, Rumeurs, Intox, Manipulation: Quelques Eléments de Réponse sur ce Débat moins Electoral

Comme les Kadogos de Mzee Laurent Désiré Kabila, les vaches qui parcourent 2000 Kms ne doivent-elles pas inquiéter la population de Bandundu?

Je n’avais jamais pensé qu’un jour le buzz de Medias Sociaux et les tractations politiques se focalisent sur les vaches mystérieuses accompagnées par des personnes de ‘morphologie douteuse’. Je croyais que de tels débats ne peuvent qu’être engagés que par les Medias qui me semblent d’intox, récupérateurs et manipulateurs dont l’ensemble de ses informateurs trouvent en tout la ‘théorie de complot’ visant à dominer le peuple Congolais. J’évoque la question des vaches dans les Provinces de Kwango et Kwilu (ancien Bandundu) qui a fait l’objet de discussions interminables sur l’identité, l’origine et l’itinéraire de ces éleveurs―vaches venus de ‘loin’. En termes dénigrant,  on les appelle de ‘voisins’. A la suite de toutes ces informations contradictoires, la question est reprise par la classe politique ; et surtout les leaders de la région du Bandundu, députés, sénateurs et autres au point d’y voir un positionnement électoral. Toutefois, il est important de comprendre ces sentiments de peur, d’hésitation, frustration et animosité en l’encontre de ces vaches auxquelles on colle tout sauf rien. Toute tentative visant à éclaircir ce dossier sans verser dans la discrimination de toute forme est à encourager ; tel est mon vis.

Vaches au Bandundu?Bukangalonzo

Mon intérêt sur cette question est que les catholiques, spécialement l’Evêque de Kikwit n’a pas hésité de reprendre ce que les politiques et ces medias récupérateurs relatent pour (dés)informer ou simplement s’attirer la sympathie d’une population frustrée pour de raisons diverses. La question tant à devenir plus politiques et électorale mais aussi elle renferme en son sein une notion de compétition/concurrence sur les marchés de la consommation de viande à Kinshasa. Je n’ai pas été en mesure de vérifier si réellement Monseigneur Timothée Bodika en a fait une telle déclaration, mais j’ai peur que sa déclaration puisse légitimer toute sorte de méfiance et qui enfin peut conduire à des dégâts incontrôlables. Voila pourquoi je trouve qu’il y a une nécessite d’éclairer l’opinion sur cette question. L’objet de cet article est de contribuer à cette lecture qui croit que ces vaches ne sont pas mystérieuses ; elles ne sont pas tombées du ciel. Elles ne sont probablement pas empoisonnées. Elles ont suivi un itinéraire facile à retracer et qui est vérifiable pour celui qui en a l’intérêt. Elles ne seraient même pas venues au Bandundu pour s’installer mais plutôt, selon les proprietaries, à la recherche d’un marché dans la capitale de plus de 12 millions d’habitants. Malgré tout, tous ces débats―intox occasionneraient que ces vaches ne soient pas consommées à temps et pourront perdurer car cela constituerait l’option rationnelle. Les répercussions de cette campagne de diabolisation ont déjà été palpables.

Le Mystère de découverte du Marché de Kinshasa.   

Alors que 20 premières vaches venant du Sud-Kivu en passant par Kalemie-Kasai-Bandundu et Kinshasa sont arrivées dans la capitale en 2015 ; un deuxième lot de 94 vaches qui avaient utilisé le même itinéraire y est arrivé en Novembre 2016 ; ce qui prouve que l’information circule même dans les coins lointains du pays. Sous me propre yeux, j’ai visité les 20 vaches et à Kikwit, à Mbakana et à Kinshasa. Ces 20 vaches se trouvent actuellement dans une ferme et appartient à un entrepreneur originaire du Kasai. Même ce deuxième groupe des vaches arriva quand j’étais à Kinshasa et je me suis personnellement entretenu avec la personne responsable de ce projet. Des « administratifs » bien connus avaient autorisé le déplacement de ces vaches et la preuve est le document joint sur cet article. Les contestataires vous diront que le pouvoir en place n’est pas légitime ni légale. Je ne crois pas que le débat sur les mouvements de troupeaux pour la recherche du marché entre dans ce type de conceptions. La question est structurelle car Kinshasa peut vouloir importer les vaches venant de Lille que celles venant d’Itombwe/Minembwe.

Il est à rappeler que le propriétaire de ces vaches du nom de Gadi cité dans l’interview de Monsieur Alexandre Nsanze avait séjourné depuis 2013 à Mbujimayi avec une centaine de vaches. Il trouva un marché florissant à Tshikapa en 2014 où plus de 120 vaches y avait été vendu jusqu’au jour où ce dernier trouva de connections à partir de Kinshasa et amena ce deuxième lot de 90 vaches ; c’était en Novembre 2016. En mi-2017, un troisième lot de 250 vaches arriva à Masimanimba après que le deuxième groupe ait été écoulé par les consommateurs de la viande à Kinshasa et Mr Gadi trouva un espace avec contrat de location dans une concession de la mission catholique de Ngondi. C’est-à-dire, que les prêtres catholiques de la Mission de Ngondi avaient, avec consentement, cédé cet espace pour une durée précisée dans ce contrat. Tous ces documents sont vérifiables dans les mains des éleveurs-commercants et ont été signés sans qu’une arme Kalachnikov ne soit utilisée. La plupart de ces 250 vaches furent achetées par un sénateur-député du coin qui a établi une ferme dans une perspective d’élever les vaches. Il m’a été précisé que les prêtres de la mission de Ngondi en ont acheté au moins 5 vaches dont un taureau. Je crois que Monseigneur Timothée Bodika n’a pas été informé et ce problème de communication n’incomberait pas aux éleveurs.

Le quatrième groupe qui cause plus d’agitations est constitué d’environ 2200 vaches ; inquiétant car c’est un phénomène auquel la population locale de Bandundu n’avait peut-être pas assisté dans le temps. Je crois fort que même ces éleveurs se poseraient plus de question si ces milliers de vaches pourraient entrer dans leurs localités d’origine sans qu’ils aient été informés par des sources confiantes. La question devient complexe et compliqué quand on y colle l’empoissonnement, les armes de guerres, la domination et les « Kafurumuheto ». Toutefois, mes informations font étant de plus de 600 vaches qui appartiennent à un éleveur de la communauté Bafuliro originaire de Sange/Uvira. Sauf intox, les éleveurs sont aussi constitués par des personnes appartenant à des communautés ethniques Bafuliro, Banyamulenge, Bashi, Bakongo, Batabwa et de Baluba. Ils seraient inopportun de trouver que les seuls visages dit ‘douteux’. Ces vaches ont entrepris un itinéraire bien précis et facile à retracer. Aux environs de Juillet 2017, l’itinéraire suivi par ces éleveurs-commerçants est d’une part Kalemie-Kisengo-Mbulula-Kongolo-Lubao-Kabinda-Mbujimayi-Kananga-Tshikapa-Kikwit-Masamuna ; et d’autre part Lulimba-Kasanga-Kabambale-Kongolo-Lubao-Kabinda-Mbujimayi-Kananga-Tshikapa-Kikwit-Masamuna. Kinshasa la capitale n’est que la destination finale en termes de fourniture de la viande et non l’endroit où il faut attendre pour longtemps car les espaces seraient limités. La meilleure façon est de se positionner à l’entrée de la grande ville, tout en pensant aux moyens de nourrir ces vaches.

Parmi les 2200, plus de 426 vaches ont déjà trouvé les preneurs qui veulent établir leurs fermes aux environs de Kinshasa. Ces preneurs sont des hommes politiques, députés et sénateurs car ils seraient peut-être ceux qui sont à mesure de se procurer et gérer une ferme des vaches. Plus de 200 vaches ont été consommées particulièrement dans la capitale Kinshasa et durant les fêtes de nouvel an. Si du moins ces vaches étaient empoisonnées, on aurait assisté à des dégâts humains. Dieu merci car l’intox monte par l’ascenseur mais finit par être comprise. Dans son émission Ndeko Eliezer et papa Molière vous raconte ces types d’histoires d’empoisonnement qui ont atteint même les vernis de « maquillage ». Un grand Etat en quête de devenir une grande nation ne doit pas tomber aussi bas que cela. Je comprends cette hésitation car les vaches sont venues en grand nombre. Elles peuvent et pourront probablement causer de dégâts dans les champs de paisibles citoyens de Bandundu, une chose qu’il faut prévenir à tout prix. Mais il faut comprendre que ceux qui se battent pour leur survie ont moins de choix et dans ce commerce, de milliers ont perdu leurs vies sur l’axe Salamabila-Kindu. Ils cèdent moins comme cela arrive à ceux qui entreprennent ces routes dangereuses, insécurité et tracasseries dans les différents coins du pays pour se trouver quelque chose à manger. L’accès à information d’un marché potentiel ne devait pas se contenir dans les seules mains de Mr Gadi ; et je me demande si le Bandundu n’est pas plutôt victime de l’impraticabilité des nos routes ? Ils attendent des viandes qui passent par l’Aéroport International de Ndjili que celles qui proviendraient dans les Kivus et pouvaient user tous les moyens de transport possibles.

Lettre No 57272 octroyée a Kongolo autorisant le déplacement des vaches

Les Kinois accordent moindre d’intérêt sur ce qui se passe à Salamabila, Kabambale, Kalemie, Nyunzu, Force Bendela, Km 25, Nganja, Lulimba, Misisi, Minembwe, Kazimia… Certains auront difficile à situer géographiquement ces entités, voila pourquoi ils présentent, que ces vaches auraient été attaquées par les Maimai et Kamuina NSapu avant d’atteindre Masimanimba et Masamuna, comme preuve du mystère. Je rappelle que des milliers de vaches, commerçants et éleveurs ont péri sur l’axe Kalemie-Nyuzu-Force Bendela mais aussi sur l’axe Lulimba-Misisi-Salamabila-Kabambare. Des preuves sont légions seulement que les medias Kinoises y apporteraient moins d’intérêt. Ensuite, je ne saurai pas comprendre pourquoi Nsanze Alexandre ne peut pas être le cousin du Général Padiri Muhizi ? Le premier n’est pas Nsandji et le second n’est même pas Muhinzi. Je trouve que ces medias d’intox voulaient seulement légitimer cette notion de la ‘théorie du complot’. Je doute qu’un collègue de Nsanze Alexandre durant des années d’université à Goma ne saurait pas épeler son nom. Le trafic de photos et photo shopping sont une histoire que tous connaissons. Il est important de souligner, sauf manipulation, l’image du militaire RDF n’est pas vraiment de Nsanze Alexandre. Il est facile à le prouver. Je n’ai même pas été à mesure de confirmer que Nsanze a fait l’université à Goma car originaire de Bijojwe dans le plateau de Mulenge ; il passa plus son temps à Bukavu. Car tous deux Banyamulenge, il peut être le cousin du Général Padiri Muhizi ; rien d’étonnant. Je conteste avec toute la dernière énergie l’idée de faire croire aux congolais que pour jouir de ses droits, Nsanze doit être le cousin du Général Padiri Buhendwa et pourqoui pas de Padiri Muhizi. C’est malhonnête.

NTANYOMA R. Delphin

PhD Researcher in Conflict Economics

The Institute of Social Studies/

Erasmus University Rotterdam

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.easterncongotribune.com

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