Mboko-Nundu-Baraka-Fizi-Minembwe : Et Si la Présidence #RDC y Enverrait son DirCab en Campagne Electorale ?

C’est hier que la délégation de Kinshasa ainsi que les autorités provinciales du Sud-Kivu ont relancé pour encore une fois les travaux de construction de la route Bukavu-Uvira, en passant dans les escarpements de Ngomo. Il s’agit de la route qui relie la capitale provinciale à la grande partie Sud du Sud-Kivu, dont la supposée deuxième ville dans la province qui est celle d’Uvira. Ce projet de réhabilitation de la route Bukavu-Kamanyola aurait commencé fin 2014. Les raisons du ralenti de travaux sont complexes et ne font pas l’objet de ce poste.

Entre Nundu-Mboko (autour d’une soixantaine Kms d’Uvira)
Entre Nundu-Mboko (autour d’une soixantaine Kms d’Uvira)

A quelque 4-5 mois des élections générales dont les présidentielles qui pourront ne pas s’organiser, je me demande qu’est ce qui arriverait à ces grandes personnalités politiques qui viendront solliciter nos voix. Depuis les années d’indépendance, l’axe qui fait l’objet de l’article mène vers la zone jadis dite ‘rouge’ ; celle du territoire de Fizi. Ce grand territoire de 15.789 km² est la base dite « naturelle » de ces grands hommes d’état dont le Directeur de Cabinet à la Présidence de la République, Néhémie Mwilanya. Pour ne pas citer tout ce monde, l’opinion n’oubliera jamais qu’Anzuluni Bembe aurait occupé aussi un grand poste au sein de l’administration Mobutu. Vers le fond de haut plateau, Minembwe est le village de l’ancien Vice-Président de la République (formule 1+4) et présentement Ministre de la Décentralisation et réformes institutionnelles, Azarias Ruberwa. Je n’accuse personne, mais je me demande ce qu’ils leur arriveraient si une fois ils pourront décider de faire la campagne électorale dans ces coins où ils sont natifs.

Entre Fizi-Minembwe (autour de 150 Kms d’Uvira). Photos: Amedeo Kamota
Entre Fizi-Minembwe (autour de 150 Kms d’Uvira). Photos: Amedeo Kamota

L’objet de l’article est de plaider pour que les conditions de cette route soient prises en compte au sein des institutions ayant ces attributions dans leur portefeuille. Loin de présenter une image qui discrédite ce grand et riche pays, les conditions routières délabrées freinent la vie sociale et économique du peuple ordinaire. Ces véhicules et camions qui passent en moyenne 3 jours en train de parcourir une dizaine de Kms, constitue une énorme perte de temps et de moyens humains et financiers (vieillissement des usagers, carburant…). Dans le même ordre d’idée, cette situation affecte les prix de produits de première nécessité pour des populations locales. On me dirait la semaine passée que dans mon village, un litre d’essence était passé de 2500 FC à 6000 FC. Imagine combien cela est énorme pour un citoyen ordinaire.

Je doute fort que la « Machine à Voter » servirait mieux que cette Route si elle avait été entretenue. J’ai peur que la frustration par rapport à ces conditions déplorables puisse jouer sur le choix et/ou la demande des élections tout en croyant qu’un miracle suivra ces bulletins de vote. J’ai toujours hésité qu’un changement profond vienne à travers les bulletins de vote, dans un contexte si fragile, polarisé et incline sur l’ethnisme. Il nous faut un système politico-administratif adapté au contexte du pays. Si non, je souhaite bonne chance aux demandeurs et contestataires des élections et de la machine à voter/’voler’.

NTANYOMA Rukumbuzi Delphin

PhD Researcher in Conflict Economics

The Institute of Social Studies/

Erasmus University Rotterdam

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.easterncongotribune.com

Leave a Reply