« Avec 100 Millions d’habitants, NEUF VOISINS, et ‘Moins Stable’ » : RDC doit Acceptez de Faire l’Objet de ‘Bavardage’ ?

Alors que la France avait été évoquée parmi les pays qui soutiendraient le régime en place à Kinshasa dans les manœuvres de ne pas organiser les élections et ainsi rester au pouvoir, son rapprochement avec Kigali semble avoir hypothéqué Kinshasa. Pour de raisons dites économiques, la France était soupçonnée par d’internautes Congolais d’implicitement soutenir le Président Joseph Kabila en échange avec l’exploitation du pétrole et tout ce que vous pouvez imaginer comme ‘conspiration’. Alors qu’il est difficile de confirmer cette position de la France qui en général peut s’analyser dans la « théorie de la conspiration », la France se positionnerait ces dernières semaines pour jouer le rôle qu’avaient joué les Etats-Uniens durant les moments chauds marqués par la présence et la pression des Envoyés Spéciaux ?

 Après la visite du Président Rwandais Paul Kagame ainsi que celle du Président Angolais, João Lourenco, Paris semble devenir la plaque tournante pour pousser la RDC vers les élections. Les élections dans la théorie de ‘liberal peace’ sont un élément vital pour la stabilité. Toutefois, il m’est difficile de tracer la ligne nette de démarcation entre stabilité et élections. Est-il que les élections contribuent à la stabilité ou la stabilité crée un environnement propice pour l’organisation des élections ; ou la démocratie dans le sens large. Les discours d’Emmanuel Macron à côté de Paul Kagame aurait erronément exprimé une idée d’un ‘complot’ dont le premier va parrainer pour faire partir de gré ou de force le Président Kabila. En soutenant « les initiatives prises par le Président de l’Union Africaine en lieu et étroite collaboration avec le Président Angolais », j’aurai personnellement fait allusion au passé de ce grand pays durant les années 1996-2000 et dont j’ai compris il n’y a pas longtemps. N’eut été les clarifications du Président João Lourenco, on aurait continué à croire que Kigali et Luanda tomberont en disgrâce contre Kinshasa. Heureusement, ces clarifications semblent atténuer et circonscrire la question discutée comme étant engagée au niveau régional. Même si des zones d’ombres existent encore, les faits tels que présentés par le Président Angolais peuvent être rassurant.

La crise politique et électorale Congolaise n’est plus un débat d’Etat, elle se fait parler dans tous les salons du monde entier. L’interprète du Président João Lourenco l’appelle un dossier dont on ‘bavarde’ ; comme qui dirait qu’ils sont devant des questions et discussions interminables. Un débat interminable mais dont l’issue s’éloigner de plus en plus. La France et l’union Européenne en général a ce devoir moral de s’intéresser sur la stabilité de l’Afrique et particulièrement de la RDC. Dans un monde interconnecté ou sous menace de stabilité régionale, les questions de sécurité d’Etat ne laisse plus indifférent les autres. Mais, les limites d’intégrité et de souveraineté sont à respecter et surtout quand les intérêts particuliers peuvent se dissimiler au sein des intérêts dits globaux. De ce fait, l’Angola, le Congo Brazza, le Gabon, le Rwanda, la Tanzanie, le Burundi, l’Uganda, la Centrafrique, le Soudan du Sud, la Zambie doivent avoir un œil sur la sécurité du géant dormant. Ils doivent apporter leurs contributions en termes de conseil mais pas dans le sens de prendre le pays par ses cornes. Pouvons-nous toujours croire que ces déclarations politiques de chefs d’Etats qui se sont réunis autour du Président Français s’inscrivent dans l’intérêt global ? Simplement parce que dans l’intérêt global tout peut s’y retrouver.

En analysant ces déclarations publiques de 3 chefs d’Etat, une idée m’est venue à l’esprit. D’une part, les ‘donneurs de leçons’ comme peut les considérer Kinshasa divergent dans le sens d’individualiser le débat. Alors le Président Macron tient à ce qu’il soit clairement et ouvertement exprimé que le Président Joseph Kabila ne doit plus se représenter, João Lourenco joue à la manœuvre de voisin en évitant un tel discours qui semble se personnaliser. Il laisse ce choix au peuple congolais de se choisir qui va succéder Kabila, ça dit presque tout. Que les accords de la Saint-Sylvestre aient été bénis par l’église catholique, tracer ces lignes fortes montre que Luanda est soucieux de la stabilité de ses frontières. Et d’ailleurs, sa stabilité aurait fait que le pays d’Agostinho Neto avait décidé d’intervenir militairement au Zaïre mais aussi de se fixer un délai en termes d’années avant de passer le flambeau à un nouveau président élu. Une période de plus de trente ans avait été considérée comme raisonnable pour l’alternance.

Pour sa part, en vue d’éviter de raviver les tensions entre les deux Etats, Kigali veut se positionner en qualité de Président de l’Union Africaine. Toutefois, son point de vue avait été claire lors de la conférence sur la gouvernance en Afrique organisée par la fondation Mo Ibrahim à Kigali. Le Président Kagame, devant une audience qui avait été invitée par la fondation Mo Ibrahim, répétant que les voisins de la RDC ont une ‘légitimité’ de faire ou dire quelque chose sur la RDC. Il s’agit d’une légitimité à mon avis qui va dans le sens unique ! « Le bât blesse » quand le forum discutant la gouvernance, l’âge limite des présidents de l’Afrique glisse dans une forme de campagne électorale pour certains candidats potentiels du scrutin du 23 Décembre 2018. Peut-on croire que simplement que les positions des uns et des autres représentent les avis de tous ?

La position dite de l’Union Africaine ne peut-elle pas se muer en position individuelle de Kigali ? mais de quoi retenir de ces déclarations ? Mon interprétation est que l’ensemble de pays cités par le Président Angolais ne sont pour la plupart de modèles idéales en termes de démocraties et élections dites ‘transparentes’. C’est ce qui justifierais peut-être les nuances en termes de mots utilisés par les trois chefs d’Etats. Il me semble que la question d’élections est sous-entendue dans la stabilité politique et pourquoi pas économique. A mon humble avis, la stabilité est multidimensionnelle et peut simplement inclure l’organisation des élections. Même si le Président Angolais insiste sur les élections qui seront acceptées par tous, y compris la communauté internationale, rien ne garantit pas toutes les élections non-contestées sont dites transparentes et ‘apaisées’.

Toutefois, dans le contexte spécifique de la RDC et comme partout dans la région de l’Afrique centrale, il y a moins de probabilité que tous les acteurs politiques s’accordent sur les élections. L’expérience dans le monde entier et particulièrement en Afrique en dit plus. Sans tenir compte d’implications-Interférences des uns et des autres dans les crises qu’a coinnues le Zaire, et que veulent alors dire ces chefs d’Etats ? Certains étant à plusieurs mandats présidentiels interrompus, les homologues présidents évoquent les élections pour masquer les esprits acharnés pour cet exercice civique. Ils réclament plutôt un Congo stable et qui garantirait la sécurité de voisins. Je me dis toujours que ceux qui veulent occuper les hautes fonctions du pays ont l’obligation de rendre ce pays stable économique dans un premier temps au travers la redistribution équitable de richesses nationales car cela constitue le socle de la cohésion sociale. Je conçois difficilement une stabilité qui proviendrait des urnes et de l’encre sur le pouce. Si le referendum et élections étaient le gage de la stabilité, certains pays de la région comme la République Centrafricaine (RCA) aurait été parmi les plus stables. La RCA n’est-elle pas parmi les pays qui font l’objet de ‘bavardage’ ? J’émets le vœu aux dirigeants et aspirants aux hautes fonctions de repenser la notion de stabilité qui n’exclut au grand jamais l’organisation de scrutins et élections.

 

NTANYOMA Rukumbuzi Delphin

PhD Researcher in Conflict Economics

The Institute of Social Studies/

Erasmus University Rotterdam

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.easterncongotribune.com

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