“Tout-Puissant” Vital Kamerhe en visite à Minembwe : Test d’Objectivité et de Populisme ?

Depuis les années antérieures, le Haut Plateau d’Uvira-Minembwe est secoué par une crise humanitaire sans précédent. De Bijombo (2017-18) aux environs de Minembwe-Kamombo-Mibunda (2019), des affrontements ont déjà fait de centaines de morts, plus de 140 villages complétement incendiés ; entre 160.000-200.000 personnes ont fui leurs villages et autour de 7.000 vaches razziées (2019) ; 60 écoles détruites et plus de 20 centres de sante décimés. La plupart de ces déplacés internes sont concentrés autour de Minembwe ; qui avait été la cible des attaques Maimai jusqu’aux portes de l’Aérodrome (le poumon de cette région). La crise est complexe à la suite de l’implication de pays voisins et leurs groupes armés opérant par procuration. Le Rwanda et le Burundi semblent y jouer un rôle déterminant en fournissant des armes aux groupes locaux pour de fins d’y trouver d’espaces dans le cadre de leurs agendas.

La crise de Minembwe revêt un aspect local mais aussi régional. La confrontation entre groupes ethniques majoritaires du sud Sud-Kivu est principalement encrée dans la contestation de ceux-là dit ‘nouveaux-venus’ ; ayant en face ‘les anciens-venus’. De Bijombo à Minembwe, la grande mobilisation fonde ses narratifs sur le fait que certaines communautés ne sont pas habilitées à gérer les entités locales et traditionnelles. Le récent dialogue organisé par Alert International et entre communautés Bavira, Bafuliro, Banyindu, Babembe et Banyamulenge prouve largement le degré de contestation et celui de manque de confiance. Un observateur moins biaisé peut lire que les quatre premières se soudent de plus en plus contre la dernière. Toutefois, la crise au niveau micro et particulièrement à Minembwe-Uvira est dynamique au point de trouver d’alibi sur d’incidents récents. Pour ce faire, les récentes violences ont de multiples justifications qui peuvent aisément détourner l’attention sur les vraies intentions―causes.

Dans le cadre de s’enquérir aux premières mains cette crise, Vital Kamerhe, le tout-puissant Directeur de Cabinet du Président Felix Tshisekedi pourra visiter cette semaine (si pas aujourd’hui) Minembwe. Il serait qu’à côté de Vital Kamerhe, il y aura Azarias Ruberwa Manywa (l’Ancien Vice-Président de la République 1+4 et présentement Ministre de la Décentralisation, Justin Bitakwira et probablement Bernard Biango Sango, Ministre de la Solidarité et Action Humanitaire. La crise de Minembwe, pour de raisons diverses, n’a pas été suivie et reportée dans les Médias au temps opportun. Bizarrement, je dois rappeler aussi que, devant cette situation qui persiste depuis 2015 à ce matin, les victimes de cette crise n’ont jamais bénéficié même de la sympathie des hommes de la paix. A ma connaissance, alors que de villages entiers se décimaient et continuent à se faire décimer, le Prix Nobel de la Paix n’y a jamais fait référence ; ne fut-ce que par condamnation. Alors que la Présidence de la République s’est fait remarquer ces derniers mois en communiquant à temps par rapport aux incidents qui ont secoué le pays, aucun message de sympathie de la part de cette institution haute de la RDC n’a été officiellement présenté au public.

La visite de Vital Kamerhe coïncide avec le Sommet de l’Union Africaine qui prouve l’agenda surchargé du Chef de l’Etat. La présence personnelle du Chef de l’Etat dans le Haut Plateau et plus précisément à Minembwe aurait été idéale bien celle de Kamerhe soulage. Le fait de palper par ses propres mains et la compassion du Président de la République pourrait attirer plus d’attention sur cette crise humanitaire sans précédent. En plus de cela, cette crise nécessite une objectivité de voir en face les causes profondes de celle-ci ; mais aussi les contours d’incidents déclencheurs. J’ai peur que, selon mes premières impressions et informations en provenance du Sud-Kivu que cette crise s’interprète superficiellement et devient le moment du populisme. Il ne s’agit pas de la présence de certains officiers de l’armée qui cause de problèmes ; mais plutôt l’absence presque totale de l’autorité de l’Etat couplée de l’incapacité ou « complicité » de l’armée devant cette présence de groupes armés (étrangers et locaux).

2e visite du Général Amisi Kumba (dit Tango 4) à Minembwe la semaine passee (5 Juillet 2019. La première visite a eu lieu le 13 Mars 2019. Amisi Tango 4 était avec 4 Généraux alors qu’en Mars, il était encore une accompagné de 4 Généraux. )

Le populisme autour de ceux qui sont favorisés par rapport aux autres n’est qu’un alibi. Toutefois, certains officiels y croient facilement et voudraient faire de cette crise une opportunité pour prouver qu’ils « déboulonnent » les anciennes pratiques. D’indications comme quoi les décisions préliminaires de cette visite seraient de relever les individus officiers serait une simplification outrancière entrant dans le populisme. L’expérience de Mars-Juin 2019 a fait preuve que la question se situe ailleurs. Alors que les premiers officiers qui commandant les opérations dans la région avaient été accusés de partialité, le second groupe a largement failli au point de croire que certains ont comploté, fournir es munitions et astuces pour que Minembwe tombe dans les mains de miliciens. Au même moment, des accusations a caractère ethno-tribales ne cessent de monter sur ces officiers FARDC ; alors que ma lecture tend à indiquer une autre direction.   

La grande problématique que connait cette région est plus orientée dans la logique de contestation ; et les armes sont devenues la voix raccourcie pour exprimer un désaccord. Dans ce contexte, les armes expriment les voix de politiciens qui opèrent à distance et sous d’autres formes. Les politiciens trouvent comment exprimer leurs manipulations partant de ces armes qui ont retenti. Pour ce faire, les décisions prises par l’Etat sont contestées et remises en cause car les armes ont fait plus de victimes. En plus de cela, la morale et la présence de forces armées bien équipées garantissent la population locale que la nomination d’un officier en provenance de l’Equateur. Aussi longtemps que l’armée sera incapable de protéger tout le monde, leurs biens et au même degré ; il sera hasardeux de croire tout est résolu. L’armée équipée et disciplinée est la seule panacée pour contenir les groupes armés locaux et étrangers. Au contraire, la violence dans cette région tournera en rond.

Je doute que la suite soit trop ambitieuse car ces notions préoccupent moins souvent les gouvernants. Le désenclavement de cette contrée et l’établissement d’un environnement propice pour un avenir promettant peut inciter les jeunes à ne pas recourir aux armes. La plupart de jeunes dans cette région abandonnée ont moins d’alternatives pour espérer de vivre demain sans armes. Il est de la responsabilité de l’Etat de s’assurer que l’environnement socio-économique peut garantir un espoir pour l’avenir. Ceux qui finissent difficilement les études ont du mal à trouver de jobs et la suite est connu… Pour ne pas me perdre dans un débat sans fin, le programme DDR a connu des failles de façon que nos amis déposent et reviennent dans la brousse. Alors, l’encadrement des anciens combattants doit constituer une priorité majeure afin de rassurer ceux qui déposent les armes que la vie est possible en dehors de la brousse et « Kalashnikov ». Par-dessus tout, les victimes de ces atrocités qui endeuillant toute la région alors l’Etat était devenu observateur doivent immédiatement être réhabilitées.

NTANYOMA R. Delphin

PhD Researcher in Conflict Economics

The Institute of Social Studies/

Erasmus University Rotterdam

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.easterncongotribune.com

Published by admin

PhD fellow @ErasmusUnivRotterdam/ISS: Microeconomic Analysis of Conflict. Congolese, blogging passionate 2 advocate 4r Redistributing wealth&Justice4All #DRC In the top of that, proud of being "villageois"

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