« Talibans » Contre « Bérets Rouges » : Imminence du ‘Divorce’ ou Diversion ?

Le contexte politique Congolais est unique en son genre. De Décembre 2016 à Juillet 2019, nous sommes à mi-mandat de ce qui aurait été la troisième mandature. Sans intention de faire la prophétie de malheur, j’avais personnellement analysée le résultat des élections de Décembre 2018 comme étant un compromis―surprise tout autour des « Jeux du hasard ». Mon impression était que ces genres de compromis―surprises ne bénéficient largement que l’élite depuis de dizaines d’années. Au détriment de la population ordinaire, ces surprises ne me semblaient pas tenir pour longtemps. De ce fait, on pourrait en déduire que nous approchons la ligne de rupture d’une coalition dont personne n’en sortira gagnant entre les deux forces en face.   

Toutefois, dans un contexte où les désaccords tournent souvent sur les postes ministériels et fonctions à occuper dans les institutions étatiques comme le Senat, la gestion de la Gécamines…, je doute que ce scenario soit imminent. Donc, je questionne ma position initiale de Janvier 2019. Je trouve qu’il est difficile de croire que les tenants de la décision laissent cette boite à pandore s’ouvrir alors qu’elle ferait enfoncer toutes les parties dans les tourments. Fort probable que personne du FCC ou CACH (même ailleurs au sein de leurs proches) permettrait que l’opinion réalise ces arrangements dont on a nié l’existence pendant longtemps. Partant de cette prémisse, on peut croire que les récentes déclarations entre les partisans de l’UDPS et ceux du PPRD ne visent que la diversion pour que l’opinion publique craigne un possible scenario d’une confrontation ouverte et comprennent l’importance de céder facilement au nom de la stabilité. Ce choix ne serait pas dans l’intérêt de l’un de deux groupes qui nous offusquent de vue pour mieux les observer à moins qu’on veuille remettre la rêne de ce pays dans les mains de LAMUKA.

De toutes les façons, les développements de ces derniers mois sont moins rassurants. De la confrontation entre partisans de l’UDPS et ceux du PPRD le mois passé à la fronde au sein du FCC, des signaux vont vers le rouge ? Les Ces récentes déclarations qui opposent la jeunesse inquiètent au point de penser qu’il s’agirait d’un divorce imminent. Ces déclarations débordent et vont loin de ce qu’on a toujours vu dans ce contexte. Elles partent de la déclaration du Fils Mukoko dont je maitrise moins son parcours. Ses visées sont floues du fait qu’il s’en prend aux rivaux FCC mais aussi a l’entourage du Président Felix Tshisekedi. Fils Mukoko et son entourage, comme la ‘base’ croit ne pas savoir ni reconnaitre le parcours de certains de ces conseillers. Il s’agit de conseillers qui comprennent moins la notion de « libre-échange » et font signer au Chef de l’Etat ces accords qui ne bénéficieront pas la RDC a ce stade de son développement industriel.  On peut aussi penser qu’il s’agissait d’une ouverture afin de mobiliser et convaincre la masse ?

Peut-on s’en prendre aux Conseillers quand le Chef de l’Etat a signé ? Je ne crois pas à moins que ces amis conçoivent la gestion d’un Etat par de formes vulgaires de la rue. Le Chef de l’Etat est et reste responsable en dépit de toutes les manouvres qui viseraient à « l’affaiblir ». On veut peut-être s’en débarrasser de gênants au sein de la première alliance du CACH ? Peut-on penser à ses alliés de départ qui gênent et dont l’UDPS veut contrôler a tout prix ? Il est difficile d’en savoir pourquoi ces conseillers font l’objet de ces attaques et quel est leur rôle dans cette saga autour du contrôle de ministères clés ? On peut s’attendre qu’au sein de ce regroupement, il y a aussi de dissensions autour de gâteaux ?

Ces déclarations deviennent plus difficiles à comprendre quand les jeunes, par procuration, évoquent de manœuvres visant à faire entrer Lamuka et principalement Martin Fayulu dans ce jeu du hasard. La réaction du côté du FCC/PPRD dénonce avec véhémence tout ce qu’on aurait dû imputer à la jeunesse de l’UDPS. De ce fait, on peut s’en inquiéter car ça devient un débat―front dont les deux parties s’échangent par procuration. Ces déclarations―guerre de mots vont à l’extrême en évoquant les possibilités d’élimination individuelle ; ce qui ne peut que plus inquiéter les observateurs intéressés par le développement actuel de la politique à Kinshasa.

La réplique des « Bérets rouges » va loin en promettant de ramener les aiguilles de la montre vers Janvier 2019. On protège et défend le « Raïs », Joseph Kabila comme quelqu’un qui a donné le pouvoir aux actuels gouvernants. Les « bérets rouges » avertissent et menacent ceux qui envoient le Fils Mukoko. On lui rappelle que Joseph Kabila n’est pas la personne de leur rang ; seul l’actuel Président de la République comprend bien cette notion. Ils menacent d’introduire l’erreur matérielle car la Cour Constitutionnelle a jugé que celui qui a gagné entre l’autre, Shadary et Fayulu est le candidat « élections ». Ils insistent en soulignant : « Na Raïs, ne touche pas. … po coop oyoo tozuwaki na makila, na ndege ya blague te. Tango topesaki na pete, toza bayuma te ; toza ba momi na bino te; …toleki bino pe mayele». Les « révolutionnaires » des années 1996 se rappellent d’un parcours difficile qui les amenant au pouvoir dont eux ont tout simplement remis aux ‘démocrates progressistes’ par bonne volonté.   

 

Les « Bérets rouges » menacent de divulguer le contenu des « accords » entre CACH-FCC au point qu’ils prônent la cohabitation ou divorce au lieu de la coalition. La suite sera une marche à organiser ce lundi 22 Juillet 2019 partant de la Place Echangeur jusqu’au Palais du Peuple. L’objectif est de contrer toute forme de force de la part de « Talibans » sous la conduite de Fils Mukoko et les Wewa. On évoque les « Kamuina Nsapu » et ses modus operandi dont « eux » aussi maitrisent ! Ça devient de la barbarie en quelque sorte ou une révélation de confrontation armée dont on peut s’attendre à tout moment. La deuxième étape après les élections du bureau du Senat, les Bérets Rouges vont tenter une action en justice pour exiger la vérité des urnes. Là, ça devient de plus en plus inquiétant. Afin on chante, la rupture, libala ekufa.

En dépit de toutes ces manœuvres―distractions, je crois que ce pays et son peuple mérite mieux que ces désaccords pour occuper de postes juteux. La jeunesse devrait se souder pour réclamer leurs droits qui ne se limitent pas simplement sur les déclarations filmées. Le bloggeur croit qu’il faut revenir à un débat de fond sur la gestion appropriée de ce pays dans le sens d’adapter son mode politico-administratif aux exigences de ces diversités socio-culturelles. IL serait si ridicule si nous devons rester dans cet état d’acharnement (confrontation politique autour de pouvoirs à Kinshasa) qui tiens en otage toute la vie d’un Etat en entier. Je reviens sur la notion du fédéralisme comme mode de gestion qui pourra sauver ce pays.     

 

NTANYOMA R. Delphin

PhD Researcher in Conflict Economics

The Institute of Social Studies/

Erasmus University Rotterdam

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.easterncongotribune.com

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