TRIBALISME, UNE EPINE SOUS LE PIED DU CONGO, Seul l’État peut insérer la Tribu/Ethnie dans la nation, pour la promotion du Pays

A Kinshasa quand un politicien est promu à une quelconque fonction, c’est la tribu et à moindre échelle sa province qui organise la fête. Les cousins viennent des villages pour le travail et la tribu embellie le décor. Les membres du parti politique sont souvent dépassés et parfois indignés. Comment gérer la situation car les élections qui viennent, il faut être élu. Ce bicéphalisme est un désastre pour le pays. Ce phénomène est la source principale de l’instabilité des partis politiques. Cet élément procède de l’échec de la création d’un Etat/Nation depuis la période coloniale à ce jour.

Personnellement, j’ai été inquiété par les problèmes que traversent notre pays la RDC. Soixante ans après l’indépendance pas de développent. Au lieu d’avancer, le pays connait des difficultés énormes. Soixante ans de gestion par les fils et filles du pays, mais les résultats faibles. Où se situe la difficulté ? Allons au commencement, de tout, pour y découvrir la cause Principale.

  1. Conférence de Berlin

En date du 1er juin 1885, se tint la Conférence de Berlin. Après que ladite conférence ait décidé de la division de l’Afrique et sa colonisation par divers Pays Européens, le Roi de la Belgique Léopold II devient propriétaire du Congo avec un pouvoir absolu.

Cet espace qui devient automatiquement l’État Indépendant du Congo (EIC) doit regrouper plusieurs royaumes petits et grands ; des peuples indépendants les unes des autres. Ces Royaumes et Peuples ont construits de cultures, des croyances, et des identités différentes et souvent contradictoires. Depuis 1908, l’EIC devient le Congo Belge jusqu’en 1960, soit 52 ans de colonisation. La Belgique va entrer en profondeur pour restructurer les entités traditionnelles. Plusieurs Royaumes, parfois antagonistes, qui n’étaient que des tribus ou des Ethnies sont regroupés pour faciliter l’exploitation des matières première.

Au regard de ce qui s’est passé après soixante ans d’indépendance, une question hante tous les esprits lucides sur l’État actuel du Pays. On ne cesse de poser la question. Où résiderait-il le mal fondamental et fonctionnel qui empêche le Congo de décoller ?

Pourquoi ce Pays connaît-il des difficultés pour avancer depuis 1960 à nos jours ? La situation inquiète tout le monde, spécialement les congolais qui sont les plus concernés.

Plusieurs études, recherches et projets du domaine politique, ont essayé de situer la cause principale dans la colonisation et le capitalisme occidental. A ce jour, dans une petite proportion, cela est vraie. Mais après soixante ans de gestion, la responsabilité est à partager ; et d’ailleurs la majeure partie est à situer, au Congo donc aux Congolais.

La situation actuelle du pays nous a amené à chercher sans émotions à situer la vraie cause qui hante ce pays ; qui l’empêche de décoller. Nous avons pensé rechercher dans notre genèse pour détecter le mobile invisible qui participe à cette faiblesse généralisée. Au-delà du décor institutionnel, des conflits récurrents dans plusieurs contrées du pays, qu’est ce qui participe à cette faiblesse généralisée du Congo ? Nous avons pensé trouver la faiblesse dans la construction de notre IDENTITÉ NATIONALE. En dépit de discours politique souvent fantastique et les comportements du commun de mortel (tout à fait normal), il a fallu trouver le nœud du problème. Nous avons décidé de descendre la pente pour découvrir le Congo d’hier, et par conséquent, celle d’aujourd’hui.

  1. Les Identités de nos Tribus Précoloniales

Quand les colons arrivent, nos sociétés étaient organisées en grands/petits Royaumes avec des valeurs, des croyances et des interdits parfois contradictoires. Il y avait des valeurs humanitaires certaines et même riche, mais aussi des faits incompréhensibles de la magie et de la sorcellerie.

Dans leurs villages, les familles étaient structurées et solidaires. Le Chef était entouré des sages et la solidarité était obligatoire. On ne pouvait pas prêter un quelconque soutien à une personne étrangère à la communauté au détriment d’un membre de la sienne. Cette solidarité a été le fondement réel de nos sociétés traditionnelles. La bravoure de chacun résidait dans sa capacité à servir la tribu.

Les incompréhensions entre les tribus entretenue par cette solidarité négative ont été à la base des conflits pendant plusieurs siècles. Malheureusement, c’est cette solidarité qui était la fondation de nos royaumes traditionnels.

  1. Situation Identitaire pendant la colonisation

Que ce soit Le Roi Léopold II et la Belgique, la volonté de s’enrichir sur le dos des congolais était visible par toute personne lucide. Le plan était de réorganiser les petits royaumes en « agglomérations modernes » pour contrôler l’espace et trouver une main d’œuvre facile.

Les personnes et/ou les communautés qui ont manifestés une résistance ont été simplement anéanties. Pour les personnes récalcitrantes, la relégation était la sanction définitive, alors que la communauté subissait la suppression purement et simplement de leur entité traditionnelle et membres incorporés dans celle qui était docile.

Une force publique a été mise en place pour réprimer les refus aux injonctions coloniales. Pour éviter les travaux forcés, les écoles et le déménagement vers les agglomération modernes, souvent la réaction des familles royales et autres personnes étaient d’aller loin dans les régions inaccessibles.

Pendant la création des écoles, les enfants de ceux qui étaient esclaves, mal nés, et inconsidérés dans les sociétés ont été les premiers à fréquenter les écoles, pas par amour, mais pour être des sacrifices.

Cette situation a créé des malentendus dans les communautés au point où plusieurs ont été brisées ; et la solidarité construite pendant des siècles s’est volatilisée. Il y eut des traitres en faveur des colons car il faut toujours diviser pour régner.

  1. Une Évolution Sociétaire Pendant la création des centres urbains

Les tendances marginales selon les points de vue de chef coutumiers vont s’installer dans les agglomérations modernes. Au début, ils sont méprisés par leurs anciens maîtres. Mais avec le temps l’équation va changer car les bienfaits de centre urbain vont créer un changement rapide entre les villageois et les citadins. Les délaissés d’hier deviennent comme par « baguette magique » des patrons de leurs anciens chefs. Cette situation va provoquer l’effet boomerang donc l’envie et le respect.

Le colon, lui était intéressé à briser les micro-nations des indigènes, alors que les délaissés d’hier essayaient de construire leur vie sociale de manière à ne plus revenir aux situations des communautés traditionnelles.

Dans tout cela, la construction d’une société basée sur le principe de la liberté et de la responsabilité individuelle devant sa nation avait l’occasion d’être mise en place. Mais cela n’était pas dans l’agenda du colonisateur Belge.

L’absence de ce schéma―salut pour l’existence d’un Congo uni et fort, les évolués ont plutôt continué à entretenir les relations traditionnelles. Ils étaient attachés aux relations paternelles et matérielles car toujours des êtres collectifs ; la conscience collective dans laquelle, ils ont grandi. L’alternative d’une nation n’était pas mise en place, celle d’un individu/une nation.

  1. La construction d’une nation de façade.

Jusqu’à 1955, le colonisateur n’avait pas un schéma pour donner une indépendance aux congolais. Pour les colons il fallait encore entre 50 et 75 ans pour penser à cela. Le degré de rapidité et de surprise de cet événement a surpris aussi bien les belges que les congolais surtout la classe politique.

Les événements sociopolitiques qui ont précédés l’indépendance ont démontré la divergence d’intérêts entre les Belges et les Congolais. La vérité ce que la décolonisation commençait bien trop tard et l’indépendance arrivait bien trop tôt, ce qui nous amène à conclure l’impréparation des congolais pour la gestion de leur pays. Une Première phase venait de passer pour la création d’un État- Nation.

  1. Le revers de la médaille à l’indépendance.

Les évolués sont abandonnés brusquement par leurs chefs d’hier. Aucune préparation pour la gestion de la chose publique. Les partis politiques sont créés dans la précipitation. Pas des projets de société, les élections sont organisées en urgence pour doter le pays des institutions nationales. Chaque politicien va dans son village pour se faire élire. Cet héritage affecte le Congo jusqu’à ce jour. On est politique pour sa tribu et on ne rend compte qu’à elle. Les mensonges grossiers sont propagés pour rester au pouvoir pour la période sans élections ou encore faire usage de la solidarité négative maintenir son électorat stable dans un cycle de cinq ans. Cette situation fait que le politique doit vivre avec deux mondes aux intérêts parfois divergents. Le congolais et surtout le politique est bicéphale, tribal de fond et national de façade. Cet état est un désastre pour le pays.

A Kinshasa quand un politicien est promu à une quelconque fonction, c’est la tribu et a moindre échelle sa province qui organise la fête. Les cousins viennent des villages pour le travail et la tribu embellie le décor. Les membres du parti politique sont souvent dépassés et parfois indignés. Comment gérer la situation car les élections qui viennent, il faut être élu. Ce bicéphalisme est un désastre pour le pays. Ce phénomène est la source principale de l’instabilité des partis politiques. Cet élément procède de l’échec de la création d’un Etat/Nation depuis la période coloniale à ce jour.

  1. Ou en sommes-nous ?

Cette dualité identitaire dans notre schéma comportemental a continué d’exercer une influence. Elle affecte inlassablement le principe de la responsabilité individuelle devant sa nation.

Il est connu que chaque congolais dispose de deux identités. D’une part celle sa tribu et d’autre part, celle son pays. Mais malheureusement on se définit d’abord par la tribu ou communauté et le second devient aléatoire ou de façade. Il est naturellement impossible qu’une personne puisse donner la même valeur, a deux choses identiques au même moment. D’où l’ambiguïté d’une identité bicéphale.

En principe, la notion de nationalité est liée à une personne car la relation de Citoyenneté engage la responsabilité à double sens : État/Citoyen et Citoyen/État. C’est à ce prix et à lui seul que se construit une nation.

Demander une personne de gérer deux choses identiques en donner la même importance c’est difficile voire impossible. La volonté première va aller là où il y a les intérêts. Or dans les faits sociaux de tous les jours, nous allons dans nos tribus pour en obtenir le soutien soit financier, toute assistance sociale, du job etc…

L’échec dans la construction d’un État où la distribution des richesses nationales sont équitablement bien distribuer est un danger majeur pour le pays. L’homme va là où les besoins sont assouvis.

L’absence de l’autorité de l’État favorise les revendications des communautés et/ou les tribus de réapparaître ou gagner plus d’espace. Elles se renforcent et chacun crée d’alibi pour s’imposer sur l’autre. Ceci c’est notre sol, où vous êtes étrangers. Donc les guerres près – coloniales prennent des allures inquiétantes. Retenez

  1. En territoire de Yumbi, province de Mai- Ndombe, depuis plus d’une année, il se dit un conflit entre deux communautés : les Batende et les Banunu. Cette dernière, Banunu ont perdu leur chef coutumier dans un hôpital de Kinshasa. Ils ont décidé de l’enterrer chez eux à Yumbi. Les Batende diront non car cette terre ne les appartenait pas. Après enterrement du défunt, les Batende attaquent les Banunu. On en a dénombré plus 527 morts. C’est comme si le pays revenait à la case du départ. Il est dit, d’une main noire dans l’affaire, ici l’État devrait manifester sa présence pour réhabiliter les victimes et imposer par ces faits son autorité partout à travers le territoire national.
  2. Dans les territoires d’IRUMU et de DJUGU, selon le rapport des Nations unies, la communauté HEMA fait face à des massacrés dits de Génocide. Des massacres exécutés par le Maimai issus de la communauté LENDU. Le motif serait qu’ils sont nilotiques venus de l’Ouganda. Donc l’effet de nationalité est devenu de la compétence des groupes armés ou des communautés. Et l’État va faire quoi ?
  3. Dans les hauts plateaux de Minembwe, en territoire de Uvira, Fizi, et Mwenga. Il se passe un drame d’extermination de la communauté BANYAMULENGE par une coalition contre nature faite de : Maimai issus des communautés Bembe, Fuliru et Nyindu avec les rebelles Burundais (truffés des éléments de l’armée rwandaise), tous sous la manipulation du Rwanda. Le motif est qu’ils sont des étrangers. Dans ces conditions l’imposition de l’autorité de l’Etat est la seule solution pour mettre fin à la barbarie.

Depuis des siècles donc dès 17ème siècle à 1885 et delà à 1960, le seul incident majeur qui a créé les confrontations c’était la rébellion Mulleliste de 1964. La haine tribale a pris un élan inquiétant au point de commencer les guerres de conquêtes dans un État moderne. Cet état est inquiétant car les minorités doivent commencer à disparaître par la seule volonté des communautés majoritaires.

  1. En Territoire de BENI, dans la province du Nord-Kivu, des familles entières, des populations innombrables ont été décimées par la volonté d’un groupe arme―terroriste étranger dit ADF-NALU. Ici les communautés ne s’affrontent pas, mais la population fait face à un phénomène de criminalité dont les termes sont aussi absents pour sa description.

Le renforcement de l’autorité de l’État à travers le territoire national est une nécessité absolue aujourd’hui. Surtout là où les conflits tribaux et ceux des groupes armés locaux et étrangers sont en cours.

Il faut être conscient que certaines entités traditionnelles ont été effacées par la colonisation pour restructuration de l’administration publique. Ce n’est par ce que ces restructurations ont intervenues de 1908 à 1933 que les communautés aux entités effacées deviennent des étrangers sur le sol de leurs ancêtres.

Pour le salut et la promotion de notre pays, l’État Congolais doit imposer son autorité partout à travers le territoire national par trois actions majeures ;

  1. Imposer la loi à tous en organisant des enquêtes pour toutes crimes et sanctionner les coupables.
  2. Renforcer l’administration locale de manière à rapprocher les administrés de l’administration.
  3. Construire la nation par une gestion saine et juste des finances publiques. Une réelle distribution des richesses nationales à travers tout le pays. Ceci permettra aux congolais de s’identifier à leur pays. En réalité la distribution des richesses doit aider à chacun de nous de subvenir à ses besoins et cela va provoquer les intentions de retrait progressif de nos communautés respectives pour notre bien commun qu’est la République Démocratique du Congo.

Que mon Dieu bénisse le Congo.

Sebaganwa Gasore Zebedee

Biographie : Gasore Zebedee est un homme politique congolais. Président National des FRF, Forces Républicaines Fédéralistes (FRF). Il est né à Minembwe en 1960 ; Licencié de la Faculté de Psychologie et sciences de l’éducation de l’Université de Kisangani (1988). Entre 1991-1995, Zébédée est Conseiller de Mungulu Diaka (Premier Ministre), Conseiller auprès de Ministres Kufi Kalanga à l’éducation, Conseiller de Prof. Luhumbu au Mines et Énergies, Conseiller de Prof. Rwakayikara à l’éducation.

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PhD fellow @ErasmusUnivRotterdam/ISS: Microeconomic Analysis of Conflict. Congolese, blogger advocating 4r Equitable Redistribution of Ressources & national wealth as well as & #Justice4All #DRC In the top of that, proud of being "villageois"

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