Violence contre le Banyamulenge en #RDC : Seule une Enquête Indépendante Peut Déterminer les Responsabilités/Par Enock Sebineza.

Photo d'un Sit-in des femmes Banyamulenge à Minembwe (Juin 2021)

Le Banyamulenge subissent une haine active depuis 1964 de la part de certains compatriotes, surtout du Kivu qui les traitent d’étrangers, des Rwandais, des envahisseurs… à chasser de la RDC.

Sur cette base, les Hauts Plateaux à cheval des territoires de Fizi, Mwenga, Uvira et de Walungu, le terroir Banyamulenge où ils cohabitaient depuis toujours avec leurs voisins d’autres communautés, ont été systématiquement détruits par une coalition régionale des milices Mayi Mayi affiliées aux communautés locales en l’occurrence les Babembe, Bafulero, Bavira et Banyindu opérant en alliance avec les rébellions Burundaises, notamment ceux de Red Tabara, Forebu et FNL. Ces derniers ont agi sous la coupe des pays voisins dont le Rwanda qui soutient le RED TABARA dans une campagne de déracinement de Banyamulenge aux côtés des Mayi Mayi.

Cette coalition est tolérée et parfois soutenue en munitions, selon des sources indépendantes et certains rapports de l’ONU, par certains officiers des FARDC depuis sa campagne de destruction à sa sixième année. Ceci dans une impunité totale.

Cette destruction a eu pour modus operandi, des attaques à armes à feu coordonnées, des tueries, destruction de villages entiers ainsi que la razzia systématique de bétail particulièrement la vache, pour détruire culturellement le Banyamulenge, les appauvrir, raser leurs villages et les déraciner. Appauvris, les survivants de ces attaques, ont été forcés de vivre dans de localités assiégées depuis plus de six ans, sans accès à leurs champs, sans assistance humanitaire et le reste contraint à l’exil. En plus de ces atrocités sans précédent, le Banyamulenge en RDC font objet d’une chasse à l’homme au niveau national, de discours de haine appelant à leur extermination au cas où ils refuseraient de quitter la RDC. Discours deshumanisant mêmes par des responsables politiques de haut niveau dans une impunité totale et qui, plusieurs fois se traduisent en violence physique dont les lynchages et cannibalisme (deux cas dans moins d’une année) visant spécifiquement les membres de la communauté Banyamulenge y compris les militaires issus de cette communauté. BREF, des méthodes d’extermination sont appliquées.

La résurgence du M23 au cours de cette année 2022 à encore exacerbée la haine contre les Banyamulenge, objectif de ses créateurs. Des compatriotes jouent le jeu de l’ennemi qu’ils prétendent combattre et les Banyamulenge continuent à en payer les frais pourtant ils n’y sont ni de près ni de loin y liés. Quant à leurs commanditaires (le Rwanda), récupèrent ces violences ciblées en leur compte pour une campagne diplomatique.

Ces atrocités qui durent plus de six ans maintenant sont à qualifier d’une manière indépendante et par des experts dans le domaine de génocide et crime contre l’humanité. Toutefois, devant le conseil de sécurité de l’ONU à New York le 05 Octobre 2021, la Représentante Spéciale du Secrétaire Général de Nations en RDC, cheffe de la MONUSCO Mme Bintou Keita avait qualifié ces atrocités de « nettoyage ethnique ». Alors que ce rapport de la MONUSCO indique une avancée significative dans le cadre de la qualification des crimes commises contre le Banyamulenge, ces rapports y-compris ceux des Experts de Nations Unies n’ont encore pas établis les responsabilités individuelles, ceux de groupes armés et/ou des Etats qui ont soutenus ces milices.

Il est nécessaire que le conseil de sécurité publie le rapport sur la guerre qui sévit dans le territoire de Rutshuru, les soutiens à cette guerre doivent être officiellement connues, condamnés et contraints à stopper ces crimes.  Seule, cette étape peut aider à comprendre l’origine de ces attaques ainsi que leurs conséquences aux populations civiles innocentes. Les responsables individuels et étatiques doivent être poursuivis par la justice internationale. Toutefois, la guerre du M23 ne devra pas faire oublier toutes les atrocités commises au travers les larges territoires de l’Est du Congo, de l’Ituri, Beni, Masisi, Plaine de Ruzizi, Fizi, Maniema, Tanganyika…

Pour ce faire et pour le cas spécifique des atrocités commises contre le Banyamulenge, tout en alertant la communauté internationale ainsi que les pays de la communauté de l’Afrique de l’Est sur l’urgence de protéger et sécuriser les victimes, nous exigeons qu’une enquête indépendante composée des experts en matière de prévention de génocide et de crimes contre l’humanité soit diligentée dans les meilleurs délais en vue de déterminer les responsabilités des individus et des Etats dans la violence qui ont endeuillé le Banyamulenge ces dernières années et mettre à sac les territoires de Fizi et d’Uvira à la merci de plus de 100 groupes armés prônant TOUS l’extermination des Banyamulenge. Lire certaines de declarations de Mr Enock Ruberangabo: Red Tabara Burundais conquit les terres congolaises au sud-kivu.

Uvira, le 06 novembre 2022

Hon. Enock RUBERANGABO SEBINEZA,

Président honoraire, SHIKAMA/Banyamulenge

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PhD & Visiting researcher @POLISatLeeds. Interest: Microeconomic Analysis of Violent Conflict, Genocide Studies and violence targeting minority groups. Congolese, blogger advocating for Equitable Redistribution of Ressources & national wealth as well as & #Justice4All #DRC. On top of that, I'm proud of being a "villageois"

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