Kakozi & Ebukala : Destruction de Minembwe dans un Complot Lointain ?

En date du 11 Mai 2016, j’ai reçu un message (Email) de la part de Kakozi Charles dont son compte Yahoo (Canada) semblait protester contre mon article de Blog sur l’établissement de Babembe par rapport au Banyamulenge. L’article de 2014 intitulé « Babembe au Sud-Kivu : 5 ans de Différence Avec Mes Arrière-Grands-Pères ? » est accessible ici : Cliquez ce lien

C’est en parcourant encore une fois ce message aujourd’hui que par surprise ce complot contre Minembwe date de longtemps. Kakozi Charles ou EBUKALA MBOBOTCHI m’avait prevenu que « Les Banyarwandas doivent oublier Minembwe et vivre comme les autres citoyens du pays là où ils veulent vivre. »

En lisant bien le contenu de leur message, j’ai alors difficile de comprendre pourquoi en conclusion Minembwe est repris. En quoi Minembwe vers Mai 2016 devrait être inclus dans un message voulant affirmer l’antériorité de Babembe ?

En plus de cet aspect révélateur, mes interlocuteurs ne se gênaient pas en évoquant l’établissement Babembe après avoir subjugué les ethnies autochtones. Bien qu’ayant l’origine en Egypte et Israël (comme tout le monde se l’approprie), Kakozi et Ebukala me disaient :

Les Babembe devenant nombreux dans la forêt d’Itombwe, ils ont commencé à se diriger vers le sud à la fin du 18ème siècle : Ils vont occupé[r] les espaces de Lulenge, Ngandja et le bord du lac Tanganika, en faisant la guerre aux autochtones : Babuyu vers Lulenge,les Bazoba et les autres tribus le long du Lac. Les peuples qui acceptaient de se soumettre, ils étaient pris en esclavage, ceux qui refusaient étaient décapités.

Les derniers aspects intéressants sont, selon Kakozi et Ebukala, que le Barega et Babembe n’ont rien de parenté. L’origine du mythe du grand et petit-frere est que les deux avaient été en conflit pendant longtemps et ont décidé de faire la paix. Enfin, ils appellent la population d’Idjwi de Banyarwanda comme ceux de Rutshuru. Ce texte m’a vraiment enrichi sur les notions historiques et leur interprétation. Toutefois, je reste perplexe par rapport à Minembwe et quand est ce plan eu la bénédiction de Kigali (au travers les groupes armés Burundais).

     

En voici le texte :

Monsieur,

Wole Soyinka disait: Un tigre ne clame pas sa tigritude. Qu’est-ce que cela veut dire. Si le tigre clame sa tigritude ce qu’il ne l’avait pas. Ce n’est pas en perpétrant des massacres des populations pour une reconnaissance forcée et une campagne mensongère qu’il aura cette tigritude. Prière de lire Georges WEIS, 1959 Le pays d”Uvira. Étude de géographie régionale sur la bordure occidentale du lac Tanganika, Bruxelles, Académie royale des sciences coloniales (les pages 141-144 et 148-150). Facteurs sociopolitiques explicatifs des conflits dans la région des Grands Lacs africains: cas d’Uvira (sur Internet).

Extrait de l’HISTOIRE DE PEUPLEMENT AU SUD KIVU.

1.1 Les premiers occupants du Sud-Kivu.

Tous les documents historiques non tronqués et les témoins oculaires  soutiennent qu’avant les années 1900, la partie orientale de la République Démocratique du Congo allant de la rivière Kamanyola à la rivière Kihimbi fut érigée en entité administrative dénommée « Territoire de la RUZIZI KIVU ».

De 1908 à 1922, seule la présence des tribus ci-après, étaient signalée dans cet espace, il s’agissait des tribus : BAHOLOHOLO, BALEMBE, BAFULIRO, BAVIRA, BAGOMA, BABWARI, BABUYU, BABEMBE, WANIANGA, BASHI, WATALINGA, BASWAGA, WAREGA, BAAMBA » (voir E.J. Van de Woude ; Histoire de la colonisation belge, Kabuya LUMUNA…).

Le décret colonial, du 02 mai 1910, créa ou adopta des chefferies et sous chefferies dans toute cette espace.  Toutes les communautés citées ci haut, se virent reconnaître leurs chefferies avec à leur tête des chefs coutumiers désignés parmi les clans ou familles présentées comme « Aînées » qui les administraient selon leurs coutumes sous la tutelle de l’administration coloniale.  A partir de cette date jusqu’en 1930, le colonisateur procéda à attribuer à chaque Chef coutumier un signe de chefferie : une médaille ou un couteau.

Les Tribus dont le chef ne dispose ni médaille ni couteau jusqu’aujourd’hui, sont celles qui ne disposaient pas des terres ou chefferie jusqu’en 1960 l’année de l’indépendance du Congo. 

1.2. Origine de BABEMBE 

Les Babembe ont suivi comme tous les autres Bantous l’histoire des migrations connue dans l’histoire du monde : du nord vers le Sud.

 L’ancêtre de Babembe (BEMBE en personne) a vécu dans le versant du mont SINAI en Egypte à côté des familles hébraïques dont l’une de ses épouses avait un père hébreu. Mmochu Bembe avait adopté toutes les coutumes juives et a transmis cela à sa descendance :

-la circoncision

-le lavage obligatoire de mains avant le repas,

-la croyance à un Dieu unique (ABECA) créateur du ciel et de la terre,

-Le refus des rois humains et gestion collégiale ;

-Primauté de synagogues (Lubunga)

-Pouvoir aux anciens de Lubunga (Juges). 

De l’Egypte jusque dans la forêt de Mwenga, les Babembe ont fait 100 ans en route et la tribu a vu ses membres devenir très nombreux au point où la tribu se divisa en deux parties.

Une partie des Babembe va rester vers Bolobo (les Babembe de Congo Brazzaville) et l’autre partie va progresser vers le sud et va s’installer dans la forêt de Mwenga-Itombwe.

Contrairement aux traditions tronquées qui situe la naissance de Bembe dans le plateau d’Itombwe où il vivrait avec son grand frère REGA né du même père, Bembe n’a jamais été frère biologique de Murega.

Les Barega sont appelés grands frères suite à un arrangement après la guerre interethnique entre les Barega et les Babembe. Les Barega ont emprunté certaines coutumes de Babembe et vice-versa.

La langue parlée par les REGA de Mwenga, est un mélange de kibembe et kirega. Par contre, le kirega de Shabunda n’a aucune ressemblance avec le Kibembe. Les Babembe occupaient tout le territoire de l’actuel Mwenga et furent chassés vers le sud par les Barega. Après quelques années, les Babembe se sont reconstitués et ont chassé à leur tour les Barega de Mwenga.

Mais ils étaient moins nombreux. Ils se sont regroupés à Itombwe et ont signé un pacte de non-agression avec les Barega. D’où l’appellation « GRAND FRERE » attribué aux Barega. C’est fut au 17ème siècle. Ainsi, Mwenga fut déclaré « espace cosmopolite », habitable par tous.

Les Babembe devenant nombreux dans la forêt d’Itombwe, ils ont commencé à se diriger vers le sud à la fin du 18ème siècle : Ils vont occupé[r] les espaces de Lulenge, Ngandja et le bord du lac Tanganika, en faisant la guerre aux autochtones : Babuyu vers Lulenge,les Bazoba et les autres tribus le long du Lac. Les peuples qui acceptaient de se soumettre, ils étaient pris en esclavage, ceux qui refusaient étaient décapités.

C’est pourquoi jusqu’à nos jours les Barundi d’Ubwari, les Bazoba ,Banyindu et les Babuyu étaient considérés chez les Babembe comme les sous Hommes.

Ainsi lors de la division territoriale de 1908 par le colonisateur,l’espace ITOMBWE+LULENGE+NGADJA+MUTAMBALA+TANGANIKA fut désigné Territoire de l’Ubembe. Plus tard Itombwe sera rattaché à Mwenga et les reste de secteurs vont constitués l’actuel Territoire de Fizi. 

1.3 Origine de Banyamulenge. 

La première présence de Tutsi en territoire d’Ubembe, fut signalée en 1915 vers les Hauts Plateaux d’Itombwe.

Ces immigrés Tutsi venaient accompagnés de leurs familles, vaches et moutons,soit à la recherche de pâturage soit en fuyant les conflits.

Et sont entrés dans le territoire de l’Ubembe (FIZI + ITOMBWE) en provenance de BUSHI où ils se heurtèrent au refus de BASHI peuple éleveur, comme eux, en quête de pâturage et vont se diriger vers le Sud, plus précisément vers la localité d’Itombwe habitaient par les Babembe peuple cultivateur et chasseur.

C’est dans cette localité où, pour la première fois ces immigrés Tutsi vont être appelés BANYARWANDA ; c’est-à-dire dans la langue BEMBE : « BANYA » veut dire « HABITANT DE… ». Comme les TUTSI se disaient provenir du Rwanda, on les appellera « BANYARWANDA ».

Les Banyarwanda vont être bien accueillis par les Babembe au point où chaque famille Bembe avait une famille dite amie de Banyarwanda.

Chaque famille Banyarwanda donnait obligatoirement une vache à la famille amie Bembe qui assurait leur ravitaillement en denrée de base et plus tard héberger les enfants de Banyarwanda pour la civilisation (école et religion). Mais les Babembe se considéraient toujours comme étant supérieurs au Banyarwanda incirconcis et sales (Ils ne nettoyaient pas les habits), ils ne pouvaient pas leur donner leurs filles en mariage.

Quelques enfants mâles étaient envoyés dans les familles Bembe pour être instruits et éduqués.

Ainsi tous les intellectuels Banyarwanda de l’ancien Territoire de l’UBEMBE connus, ont tous passés pour leurs études dans les maisons de Babembe.

Cette amitié Babembe-Banyarwanda a incité la plupart des Tutsi de venir à FIZI. Aujourd’hui les Banyarwanda occupent trois grandes localités dans le territoire de l’Ubembe (Fizi + Itombwe) a savoir : Minembwe, Lutabula et Bibokoboko.

Cette hospitalité a occasionné un afflux de TUTSI sur les Hauts Plateaux en provenance du Rwanda et ils commencèrent à se disperser partout sur les hauts plateaux, vers MULENGE en 1921,BIJOMBO en 1930  LUTABULA et BIBOKOBOKO vers 1919.

Il est faut [faux] de croire que le premier Munyarwanda s’est installé à Mulenge. Les Tutsi qui se sont installés à Mulenge venaient d’abord d’Itombwe où ils venaient d’être baptisés « Banyarwanda ».

Les Banyarwanda  du Sud-Kivu étaient considérés comme des étrangers et réfugiés ainsi que tous les autres Banyarwanda qui s’infiltraient continuellement au Congo pour des diverses raisons (économie, guerres…), contrairement aux  BANYARWANDA de RUTSURU et d’IDJWI qui étaient considérés comme citoyens du Congo Belge, suite au rééquilibrage de frontière entre le Congo, le Rwanda et le Burundi en 1910. 

En 1972 le Président MOBUTU signe, sous l’impulsion de son directeur du Cabinet Mr Bisengimana Rwema (Munyarwanda), une ordonnance loi accordant la nationalité en bloc à tous les ressortissants du Rwanda et du Burundi qui vivaient déjà au Congo avant 1960 ; tous les Banyarwanda du Sud recouvrent ainsi le droit de vote et deviennent aussi zaïrois à l’instar de leurs frères de RUTSURU et d’Idjwi. 

Cette ordonnance fut annulée en 1982 par le Parlement Zaïrois, suite au refus d’intégration constaté de chef des tutsi réfugiés qui sont restés liés à leur pays d’origine le Rwanda, en continuant des cotisations d’argent pour la reprise du Rwanda où ils étaient chassés du pouvoir au lendemain des indépendances (vers 1962).

En 1977 sous l’instigation de Mr MUTAMBO, alors secrétaire Général administratif de l’ISTM, la communauté universitaire de BANYARWANDA du sud sud-kivu (Uvira+Fizi+Itombwe), décide de changer l’appelation « Banyarwanda » en BANYAMULENGE. Trois mois plus tard, le Dr Manguhe envoie la note au président de la mutualité « Uvira-Fizi-Itombwe » Mr EBUKALA MBOBOTCHI, pour l’informer du changement de l’identité, Rwanda à Mulenge.

La raison de changement évoquée est de faire la différence entre les anciens Banyarwanda qui ont déjà fait plus de 50 ans qui vivent au Sud Sud Kivu et les autres Banyarwanda nouvellement installés au Zaïre surtout au Nord Kivu.

Le président convoque la réunion de communautés (Babembe, Bavira, Bafuriro,Babwari et Banyarwanda) pour débattre de la question identitaire.

Les Banyarwanda refusent de venir à la réunion pour la simple raison que le Président a utilisé l’appellation Banyarwanda au lieu de Banyamulenge.

La réunion se tient sans le Banyarwanda : décision finale : exclusion de Banyarwanda de la Mutualité.

La position de Banyarwanda se radicalise et ils instruisent toutes leur frères et sœurs vivant partout (diaspora, villages…) d’adopter l’appellation Banyamulenge. 

1.4 Guerres de conquête

Après reprise du Rwanda en 1994 par la FPR, coalition Tutsi des Rwandais réfugiés en Ouganda,Tanzanie et au Congo/RD (guerre financée essentiellement par des sociétés rwandophones installées au ZAIRE),les Banyarwanda vont déclanché[r]  deux guerres successives pour la reprise de la nationalité perdue en 1982 et la conquête d’un territoire Déversoir en RDC : guerres de 1996 (AFDL) et de 1998 (RCD) auxquelles les tutsi et Congolais associés vont ajouter la raison d’extermination des soldats Hutu réfugiés au Zaïre  et le départ de MOBUTU et plus tard celui de KABILA Laurent.

Les Babembe vont opposé[r]une forte résistance à ces deux guerres pilotaient par les Banyarwanda, amis d’hier devenus ennemis d’aujourd’hui pour défendre leurs terres convoitée par KAGAME et consorts .

Les Babembe vont accepter le cessez le feu proposé par Laurent Kabila en 1996, ancien allié des Babembe dans son maquis de HEWA BORA (Fizi-Lulenge).

Et vont accompagner Kabila Laurent dans le [la] conquête de Pouvoir à Kinshasa.

Kabila Laurent décide de renvoyer les Banyarwanda qui l’ont aidé à conquérir le Pouvoir à Kinshasa en 1998, les Banyarwanda déclenchent la guerre et veulent assassiner Kabila à Kinshasa.

Il est sauvé in extremis par sa garde constituée en majorité par les Babembe.

Goma et Bukavu sont repris, seuls le Général Mubembe, LWETCHA Sylvestre avec 20 hommes de troupes opposent une résistance à Bukavu : mais après une dure bataille, il fuit en brousse avec ses hommes après avoir décimé un peloton des Rwandais.

Les rwandais cherchent à négocier avec les Babembe considérés comme très résistants.

1.5 Conditions de cohabitation 

Les Babembe ne posent aucune condition pour cohabiter de nouveau avec les Banyarwanda ou Banyamulenge.

Les Babembe qui considèrent Jésus comme leur fils Biologique du fait d’être israéliens d’adoption ont accepté à l’aveuglette le christianisme.

Ils développent un sens élevé de pardon proposé par Jésus. Ils sont près à tout pardonner.

Seulement ils demandent aux Banyarwanda de vivre comme ils vivaient avant avec eux comme des amis sans prétention d’avoir un territoire uniquement pour eux, Fizi-Itombwe, est une terre d’asile, de nouveau les Babembe offrent leur hospitalité .

Les Banyarwandas doivent oublier Minembwe et vivre comme les autres citoyens du pays là où ils veulent vivre.

Merci

EBUKALA MBOBOTCHI.

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PhD fellow @ErasmusUnivRotterdam/ISS: Microeconomic Analysis of Conflict. Congolese, blogger advocating 4r Equitable Redistribution of Ressources & national wealth as well as & #Justice4All #DRC In the top of that, proud of being "villageois"

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