Retour aux Dossiers qui Fâchent : Nationalité & les lignées Royales Maternelles ?

Je doute sur la similarité―similitude de cas de Banyamulenge et la question de nationalité de Moise Katumbi. Ces premiers avaient-ils pris les armes pour revendiquer leur nationalité comme l’exprime le Députe National Delly Sessanga? Une communauté qui prend les armes c’est aussi sujette à débat. Pour sa part, Katumbi prendra-t-il les armes pour défendre sa nationalité ? Je doute aussi fort car cela ne constituera pas la meilleure approche ; simplement parce que son cas est totalement différent de celui évoqué par l’Honorable. A ma connaissance, la question de la nationalité de Banyamulenge trouve son origine dans le rejet de tout un groupe ethnique sur base de faits qui impliquaient la politisation des pouvoirs ethniques et coutumiers mais aussi sur cette vague notion dite d’origine. En dehors de cette politisation au Kivu dans un contexte d’absence d’Etat, le Garaganze ne pourrait jamais réclamer cette appartenance au pays de Lumumba avant mes arrières grand-parents.

Ensuite, le Secrétaire Général de la Plateforme politique « Ensemble pour le Changement », Delly Sessanga devrait reconnaitre qu’avant que le Banyamulenge ne soient officiellement expulsés par le régime Mobutu ainsi que toutes les manipulations qui s’en aient suivi ; en tant que groupe, ils n’avaient jamais été accusés d’avoir adopté une autre nationalité. Ce débat n’est pas l’objet de cet article mais se veut juste de rappeler que ces mêmes pouvoirs coutumiers sont présentement utilisés pour défendre ces cas qui semblent aussi être politisés. Malheureusement, le groupe ethnique cité par l’Honorable Delly ne pouvait pas tous se réclamer d’appartenir à une la lignée maternelle royale ?

Tout en plaidant que nos chefs coutumiers aient le courage de nous défendre même si nous n’avons pas de liens de parenté, l’objet de cet article est de questionner sur cette manière de défendre nos droits en recourant sur l’appartenance aux chefs coutumiers. Bien avant Moise Katumbi, c’était le tour du Pacificateur Vital Kamerhe qui évoqua cette idée d’appartenir, du côté maternel, à la famille royale. Katumbi emprunte aussi cette voie pour défendre sa nationalité d’origine. La défense du dossier Moise Katumbi, ancien Gouverneur du Katanga ne se limite pas seulement sur ses droits d’être Congolais, elle fait appel à son appartenance à la famille royale Bayeke. Sa mère, la ‘Princesse’ qui avait épousé Nissim Soriano appartiendrait à la famille Bayeke dont le plus célèbre fut le Roi M’siri. Ce dernier fut assassiné par les colons en du 28 Décembre 1891 durant une altercation qui opposa son armée contre les hommes du lieutenant Belge. La famille royale Bayeke est vivement reconnu comme ayant une notoriété dans le Katanga au point que Godefroid Munongo fut nommé le Ministre de l’Intérieur du temps de Moïse Tshombe. Munongo est l’un de descendants de la lignée M’sri comme petit-fils. Ensuite, Munongo Godefroid aurait été le tout premier Président de la Conféderation des Associations Tribales du Katanga (CONAKAT), une position qu’il décida de ne pas occuper en faveur de Moise Tshombe parce qu’il était un fonctionnaire de l’Etat. A travers le Roi M’siri, la famille Bayeke connaisse presque tous une notoriété sans rivale au point qu’au Katanga les Rois Bayeke détienne cette faveur léguée par le roi M’siri. Mais qui est M’siri ?

Le Roi M’sri appartient au groupe d’immigrants dits Nyamwezi qui sont venus du Zanzibar vers les années 1850-1860 pour s’installer au Katanga. Ils fondèrent le royaume dit de Garaganze avec comme capitale au Bunkenya. M’siri (M’ziri), le tout premier fondateur de ce royaume s’appelait aussi Ngelengwa et il est né vers les années 1830 à Tabora (l’actuel Tanzanie). Alors qu’il était encore jeune, M’siri à la recherche du commerce de Cuivre du Katanga aurait contribué dans la vaccination contre la variole qui avait décimé une grande partie de la population locale. La conquête dépassera ces limites pour implanter le royaume Garaganze de Bayeke dans le Grand Katanga. D’une manière particulière, M’siri s’opposa farouchement contre l’invasion de la colonisation Belge. Son opposition lui valut la mort dont l’assassin serait le Lieutenant Belge Omer Bodson. Les Bayeke auraient aussi imposé leur royaume dans le Katanga à travers l’expérience qu’ils auraient apprise en Tanzanie en travaillant avec les commerçants arabes. Toutefois, il est nécessiteux de se demander si les liens avec la famille royale suffisent pour décanter la question de la nationalité Italienne de Katumbi? Je ne suis pas sûr mais cela pourrait devenir une voie aisée que d’autres leaders pourront emprunter pour défendre d’autres litiges. Ce cas cité-haut qui n’est pas peut-être le seul me fait craindre que la notion d’appartenance en soi aurait moins de valeur si quelqu’un n’y ajoute pas l’appartenance royale.

Si Lumumba, Kasavubu, Mobutu, les Kabila sont contestés comme n’étant pas de Zaïrois/Congolais, il est vraiment impérieux de comprendre l’origine de ce malaise de ne pas savoir mieux identifier nos dirigeants et prétendant présidentiables en vue d’éviter que cela soit une voie pour écraser politiquement l’adversaire. Tout en partageant certains points de vue de l’Honorable Delly Sessanga, je crois bien que le jeu démocratique doit rester ouvert pour donner la chance aux électeurs de choisir qui ils veulent. Comme la loi reste dur, elle impose à ces présidentiables de fixer l’opinion et d’entamer la procédure de retrouver la nationalité Congolaise. Je me dis que pour des raisons politiques, alors que les binationaux sont nombreux au sein de la classe politique Congolaise, écarter certains serait un mauvais antécédant qui pourra être exploité intentionnellement et pour nuire d’autres dans l’avenir.

NTANYOMA Rukumbuzi Delphin

PhD Researcher in Conflict Economics

The Institute of Social Studies/

Erasmus University Rotterdam

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.easterncongotribune.com

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